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Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D]

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MessageSujet: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Sam 13 Fév - 17:23

C'était l'aurore... C'est beau l'aurore... C'est calme. Mais surtout, les gens dorment encore.
Partout, des éclats de rire, des cris d'enfants, et des chuchottements amusés réonnaient dans l'air encore chargé dela pureté nocturne.
Lilian, les cheveux attachés et maintenus en arrière par une casquette blanche reposa son seau de peinture à côté de ses pieds couverts de couleur, et recula pour admirer son oeuvre. Il y avait pas à dire, l'Académie était bien plus belle comme ça.

Il se doutait bien qu'il aurait du mal à monter un tel projet, surtout qu'il devait le faire dans une totale illégalité, mais au vu du résultat, il ne regrettait pas du tout. Les seules personnes capables de faire ce qu'il voulait, il ne pouvait aller les chercher qu'en primaire, et quelques perles qui subsitaient encore au collège, mais tout le reste avait déjà état avili par le quotidien, les soucis, la fatiugue et les idées préconcues que l'école leur inculquait. Les dernièers espoirs de fantaisie résidaient dans la petite enfance, et il ne s'était pas gêné pour aller chercher les braises de rêves endormies, et souffler dessus un grand coup. Et ca avait pris comme une feu de broussaille. Découvrir que des enfants comme Ryugi avait été une surprise plus qu'agréable, sûrement l'une des meilleures dans sa vie.

Il connaissait le potentiel de ses recrues, mais aussi leurs limites. Il n'était pas dans la nature d'un enfant de garder un secret. La réalité était faite pour être chantée et rie au plein air, et eux au moins ne l'avaient pas oublié. Il avait du faire vite, et bien. Heureusement,il avait un modèle d'efficacité au quotidien, son cher employeur et traumatiseur à ses heures, il n'avait donc eu qu'à imiter ses méthodes de travail, alliant discretion à efficacité, et la pointe de persuation qui va avec.

Et ça avait visiblement marché, puisqu'à présent, tous les murs de l'Académie étaient recouverts de peinture bleue, verte, jaune violette, et des milliers de nuances, avec des dessins d'enfants de partout. La cible principale avait été le hall, qu'à présent envahissaient des dragons, des elfes, des princesses et des princes aux côtés de leurs maisons de pain d'épice, ainsi que d'oiseaux à trois ailes, et de patés de couleurs à la forme indéfinissable. Les dalles, autrefois noires et blanches étaient à présent oranges, roses et bleues, recouverts de ftraces de mains de toutes les tailles, surtout petites, agrémentées de celles de Lilian, plus adultes. Les facades n'évaient évidement pas été épargnées, et on pouvait dire que l'Académie avait véritablement subit une révolution. La révolution des peintres, des artistes et des rêveurs en herbe, le retour du rire et la contre attaque de la fantaisie. Ce matin, pour rosée, on avait de la peinture, et les premiers rayons du soleil effleuraient à présent les murs, renvoyant un spectacle de toute beauté, peut être pas, mais à couper le souffle, assurement. Les arcs-en-ciels aussi avaient le droit de descendre sur terre. Les hommes piétinaient les cieux après tout.

Evidement, lui aussi avait participé, et ca se voyait bien, vu la quantité de peinture maculant son torse, son pantalon et ses cheveux. Il avait même de la couleur rouge sur le bout du nez. Pendant l'opération couleur comme il l'avait appelé, une bataille de peinture avait éclaté sous les rires de tous et les regards consternés des animaux nocturnes. Du coup, les peintres étaient aussi colorés que les "toiles" à présent.

Qu'avait dit Ryugi? Si les salles se pomponnaient, elles iraient draguer les murs? Quelque chose dans ce goût là... Et bien, tous deux avaient enfilé leur tenues de carnaval aujourd'hui, pour le meilleur et pour le pire.
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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Mer 3 Mar - 22:24

Voilà qu'encore une fois il se retrouvait debout, dehors aux premières lueurs du jour après avoir passé une nuit complète à l'extérieur du campus plutôt que d'y dormir tranquillement comme tout être humain de son âge normalement constitué. Et, comme à chaque fois qu'il refaisait ça, il se redirigeait automatiquement vers son petit chez-lui dès que le soleil commençait à pointer le bout de son nez histoire d'arriver à récupérer quelques heures de sommeil avant de partir pour une nouveau tour partout sauf là où il aurait dû être, c'est-à-dire en cours, dans l'université de la Seiryoku no Gakuen avec les autres élèves de sa classe. En même temps... C'était pas sa faute si les cours qu'ils étaient censés être obligés de suivre étaient tellement ennuyeux qu'il préférait rester dehors, non ? Loin d'être un cancre, Lewis avait toujours trouvé ce qui l'intéressait dans la multitude aussi diverse que variée des livres de la grande bibliothèque, et s'était parfois même passionné pour des choses qu'en temps normal, énoncées par l'un de ses professeurs, il aurait écouté d'une oreille pendant que ça ressortait de l'autre. C'était donc que le problème venait du cadre enseignant, pas des matières... Non ? Enfin bref, passons. Nous n'étions pas là pour exposer jusque dans les moindres détails le pourquoi du comment l'adolescent séchait très régulièrement ses cours pour aller voir ailleurs quelques activités autrement plus passionnantes. Et puis de toute façon, vu l'heure, il pouvait bien avoir la conscience tranquille pour l'instant : Le soleil commençant à peine à laisser percevoir son pâle disque à l'horizon, on pouvait être sur que la grande majorité des étudiants & enseignants dormaient encore à cette heure-ci de la journée...

Les mains nonchalamment enfoncées dans les poches, le jeune homme se planta devant la porte de son petit appartement gracieusement prêté par l'Académie le temps de ses études ici, puis il commença de chercher ses clefs dans ses poches... Avant de lâcher un juron très peu poli en s'apercevant qu'elles ne s'y trouvaient pas. Si c'était bien sa veine, ça ! Il avait dû les perdre au cours de son échappée nocturne... Seulement voilà, il lui était tout bonnement impossible pour lui de retracer l'intégralité de son parcours, et puis même c'aurait été le cas que la possibilité d'une tierce personne trouvant son bien avant lui était plus que probable. Vraiment, la journée commençait mal. Il allait donc sans aucun doute devoir attendre que le concierge – ou n'importe quelle autre personne s'occupant de la surveillance des appartements universitaires – se lève pour qu'il aille quémander un double des clefs. Et évidemment, il allait encore avoir droit à une engueulade qui lui ferait siffler les oreilles pour les jours à venir. Et oui, encore ! Parce que c'était la troisième fois qu'il perdait ses clefs depuis le début de l'année. Ça commençait à devenir grave là quand même... Et il faudrait sérieusement qu'il commence à chercher une technique pour ne plus les égarer, parce que ça l'emmerdait tout autant que la personne à qui il venait en demander de nouvelles d'un air piteux et coupable. Enfin... Toujours est-il qu'en attendant il se retrouvait avec trois bonnes heures à tuer devant lui, sinon plus. Lewis aurait été bien incapable de dire avec précision l'heure qu'il était actuellement, mais pour avoir rencontré le concierge à plusieurs reprises, il savait pertinemment que ce dernier commençait sa journée grosso modo entre onze heures & midi, et détestait au plus haut point qu'on le réveille trop tôt. Alors déjà qu'il allait le foutre de sacré mauvaise humeur quand il allait lui annoncer ce qui l'amenait par ici... Autant ne pas aggraver encore les choses en se présentant dès l'aurore... A moins d'être suicidaire, bien sûr, ce qui n'était bien entendu pas son cas.
Un soupir blasé lui échappa tandis qu'il se passait une main dans ses cheveux, vaine tentative de recoiffage de sa tignasse noire constamment ébouriffée avant de se frotter les yeux, un brin fatigué. Une bonne douche bien brûlante lui aurait fait le plus grand bien, à cet instant précis. Mais à moins de défoncer la porte de son appart – et croyez moins qu'il était tout sauf bâti pour faire ça – il ne voyait pas trop comment faire... Autant repartir de là où il venait, rester planté comme un con devant sa porte de l'avancerait de toute façon à rien. Lewis tourna donc les talons et refit le chemin en sens inverse, avant de changer d’avis et se partir errer entre les bâtiments de la grande Académie. Le silence persistait encore, chaque chose mettant son temps à s’éveiller, et le bruit de ses pas se faisait distinctement entendre sur les cailloux des allées qu’il arpentait, les branchettes et les feuilles qui craquaient sous ses pieds. Quelques oiseaux commençaient déjà vaillamment à chanter et l’adolescent se sentait agréablement seul, ou du moins isolé de toute présence humaine. Tout cela ne devait cependant pas durer bien longtemps… Des rires, des cris et plus généralement des bruits de voix lui parvinrent, étouffés, lui faisant froncer les sourcils d’un air étonné. Au vu de leur timbre, c’était visiblement des gamins qu’il entendait là… mais debout à cette heure ? Il devait avoir une hallucination auditive due à la fatigue, c’était pas possible autrement sinon… La curiosité dirigea cependant ses pas vers l’origine de ces bruits, jusqu’à ce qu’ils se fassent de plus en plus fort pour finalement se muer en une évidence : Non, il ne rêvait absolument pas. Et ça le rendait d’autant plus sceptique qu’il ne comprenait pas ce qu’ils pouvaient bien foutre ici… Quoiqu’il ne tarda pas à le savoir au détour d’un bâtiment.

La bouche entr’ouverte, les yeux écarquillés, le brun se figea d’un coup en saisissant la vison qui s’offrait à lui sous les tous premiers rayons du soleil. Il venait de déboucher dans une cour – laquelle, il ne savait pas trop et s’en fichait bien à vrai dire – et était bien loin de s’attendre à… ça.

Pour un choc, c’était un choc.

Non pas que c’était moche. Loin de là même, mais voir ces tristes murs uniformément gris jouer à qui aurait le plus de couleurs possibles, c’était tout simplement… Surprenant. Et assez dépaysant aussi, il fallait bien le dire.
Lewis ne sut dire combien de temps il resta là, totalement et stupidement immobile, à contempler tous ces ornements nouveaux qui ne collaient absolument pas avec la mentalité de l’Académie mais qui ne lui en donnait pas moins un nouveau visage, bien plus appréciable que l’ancien. Puis enfin la surprise s’évapora peu à peu et le jeune homme retrouva sa mobilité complète. Il remarqua alors tous les gosses dont les cris l’avaient attiré par ici. Tous couverts de peinture comme ils l’étaient, ils auraient pu jouer à cache-cache simplement en se plaquant contre un mur aussi bariolés qu’eux. Ils n’avaient quand même pas fait ça tous seuls… si ? Son regard se porta sur une silhouette dominant largement les autres, plantée en plein milieu de la cour et contemplant l’œuvre nouvellement crée d’un air visiblement satisfait. Ce en quoi il n’avait pas tort. Un mince sourire fleurit sur le visage de l’étudiant, tandis qu’il se dirigeait vers le blond – enfin du moins paraissait-il l’être, mais avec cette couche de peinture l’on était sûr de rien –.

« Audacieux. Il s’était approché doucement de lui, et s’était arrêté à ses côtés d’une manière toute naturelle, comme s’ils étaient amis de longue date. Audacieux mais Magnifique. Je ne suis pas certain cependant que les dirigeants de l’Académie apprécient votre œuvre de la même façon que moi. »

Il tourna son visage encadré de mèches folles vers son interlocuteur, posant sur lui d’insondables yeux violets. Si sa bouche souriait et donnait à ses traits une expression douce, ses yeux n’en restaient pas moins dénudés de toute expression, totalement neutres.

« Le courage se paie cher par ici. Je vous souhaite bonne chance. »

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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Jeu 4 Mar - 20:57

Les enfants couraient, se bousculaient, riaient, et accessoirement ne cessaient de peindre, continuaient sans cesse, s’endormaient de temps en temps le dos à un mur de papillons bleus nuits, le temps de recharger les batteries, avant de finalement ouvrir les yeux comme si ils le les avaient jamais fermés de leur nuit, allumés d’une lueur d’émerveillement amusé qui faisait paraître en comparaison les murs dont son armée de chérubins déchaînée s’était occupés sans couleur, triste à en pleurer. Comment des êtres lumineux pouvaient vivre dans un lieu si sombre et ennuyeux. C’était une énigme totale. Maintenant qu’ils étaient couverts de peinture, courraient et s’exprimaient enfin corps et âme, il pensait qu’ils avaient leur place, leur existence bien à eux. Les enfants étaient des petits morceaux d’Humanité que la vie n’avait pas corrompus, encore enveloppés dans leur carapace de poésie et de rêve, carapace qui se fissurait petit à petit au fur et à mesure que le temps faisait son œuvre. Et pour ceux qui le sauvaient, préservaient cette oasis lumineuse, on les appelait fous, et on les supprimait de la circulation. Lilian était-il fou ? Peut être. Mais ce n’était pas un mal à ses yeux, s’il pouvait sauver la capacité à rêver et espérer.

Ils avaient l’air totalement incontrôlables, déchainés. De vrais petits électrons libres qui volaient de partout, libres de toute influence. Et il espérait franchement que quand les derniers restes de son incartade chromatique disparaitraient, il subsisterait des traces de sa leçon de liberté. Oui, leçon de liberté. On leur apprenait à lire, à écrire, l’histoire de leur monde, la fidélité aveugle qui allait de soi envers l’Empereur, à compter, tant de choses, mais on oubliait l’essentiel. L’expression de soi, le « moi » qui reprenait le pas sur « eux ». Peut être que sa démarche était l’extrême opposé de tout ce que l’Académie voulait inculquer aux enfants, mais il s’en fichait un peu. A ses yeux, il faisait ce qui devait être fait, et pour lui, ça n’avait pas de prix.

Même si il s’amusait, il était surtout là dans un but éducatif, et surtout pour les surveiller et faire en sorte que son incartade ne se colore pas d’un rouge très beau, mais lourd d’un sens malheureux. La liberté était insaisissable, le sang et les blessures ne devaient l’alourdir sous peine d’entraver son envol.
Ainsi, il faisait le garde, rappelait que si jamais ils commençaient à manger la peinture, il arrêterait tout (même si il avait fait attention et prit uniquement de la couleur pour enfants de maternelle et donc comestibles), qu’on peignait sur les murs et les corps, mais pas sur les visages, qu’on pouvait peindre les murs en haut, mais que si ils étaient correctement assurés, (Car oui, la séance de peinture comportait aussi du patinage sur couleur et de l’escalade de murs) et que les pinceaux servaient à peindre, mais en aucun cas à frapper ses petits camarades de coloration. Les gosses étaient intelligents, ils avaient compris pourquoi on leur demandait ça, et ils obéissaient. Pour le moment. C’est distrait un bambin, ca a tôt fait d’oublier.

Il aimait sa révolution parce qu’elle n’était pas dangereuse, mis à part pour les responsables de l’école qui attraperaient un arrêt cardiaque en voyant que leur académie bien aimée était devenu un magnifique arc en ciel dégoulinant de joie et d’insouciance. Sinon, les enfants ne devaient que se souvenir d’avoir passé un super moment, et qu’il faudrait recommencer le plus tôt possible. Parce que oui, l’objectif était quand même de leur faire goutter à la poésie et au rire, qu’ils en redemandent ensuite. Sinon, ca n’aurait servit à rien, et Lilian aurait tout aussi bien pu aller finir sa sieste.
Et soudain…

-Aliora ! Je te l’ai déjà dit, il ne faut pas repeindre les fenêtres en bleu !

La petite recula son pinceau d’un air penaud, air qui s’illumina soudain, elle avait attrapé un pot rose. L’ordre de mission était simple. Il fallait de la couleur de partout, et aussi dans les salles. A ce but, les fenêtres étaient atteintes et repeintes, mais que avec des couleurs peintes. L’intérieur devait refléter un kaléidoscope assez charmant… Les fées se couraient les unes après les autres, danseraient entre des rivières d’or, sombreraient dans des plaines vertes pommes. Il voyait déjà les enfants tenter d’attraper ces fées impudentes qui s’étaient aventurées hors du cadre invisible des rêves, oubliant que ce n’étaient que des grains de poussières.
C’était décidé ! Lorsqu’ils auraient fini, il organiserait un gouter dans la salle la plus colorée de toutes ! Donc la mieux décorée. Alors qu’il s’apprêtait à proposer son idée qui ne serait être refusée à son armée de miniatures, quelqu’un se plaça à ses côtés.

"Audacieux mais Magnifique. Je ne suis pas certain cependant que les dirigeants de l’Académie apprécient votre œuvre de la même façon que moi. »

Le blond se retourna, observant le brun qui venait arriver. Jugeant qu’il ne tenterait pas de lui mettre des bâtons dans les roues, ou de l’eau dans le pot de peinture, comme vous voulez, il sourit. Ce qui faisait peur, c’est que ce sourire qui avait fleurit sur ses lèvres était l’exact jumeau que celui qui papillonnait sur celui de ses peintres en herbe.

-Ce n’est pas pour les dirigeants que je l’ai fait. Sans se départir de son sourire qui n’avait pas atteint ses yeux, il le jugea du regard. C’est pour eux.

Il ne pouvait pas être totalement nonchalant. Si jamais c’était quelqu’un qui le dénoncerait, il devrait manœuvrer pour opérer un repli, histoire qu’il se fasse dans le calme. Mais apparemment, il avait l’air d’approuver le projet. Lilian sourit, sincèrement cette fois.

-Les enfants ! On a une nouvelle recrue !!

Même si la recrue en question n’était même pas au courant. D’ailleurs, elle fut entourée d’une ribambelle de gamins qui lui tournaient autour d’un air excité. Qu’il essaie de s’enfuir, ou tout simplement refuser à présent, et c’était une forêt de yeux interrogateurs et malheureux qui se lèverait vers lui. Comment ça c’était petit comme méthode ? A la guerre comme à la guerre, cette Académie n’allait pas se repeindre toute seule, qu’est ce que vous croyez ?! Ils avaient déjà enrôlés deux ou trois « volontaires » de cette manière, et ne comptaient pas s’arrêter en si bon chemin. D’ailleurs, une gamine, la cheftaine de son armée ayant conquis le pouvoir grâce à ses yeux d’un bleu pur, ses boucles blondes, mais surtout ses fossettes lui mit un pinceau dégoulinant de peinture violette dans les yeux « parce qu’ils allaient bien avec ses yeux ».

-Je suis là pour payer l'addition… Fit il avec un sourire torve, avant d’ajouter : C’est un plaisir de vous compter dans nos rangs. Vous êtes naturellement invité à la bataille d’eau qui s’organisera quand on nettoiera les murs.
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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Ven 5 Mar - 4:41

Le silence, son précieux silence, avait été relégué au plus lointain des arrière-plans depuis qu’il avait posé ne serait-ce qu’un pied dans cette cour emplie de bruit, de couleur, de rire… de vie. Pour un dépaysement, c’en était un beau ! Lui qui chérissait la solitude presque autant que sa nocturne compagne, se retrouver aussi soudainement entouré d’enfants incessamment en mouvement, criant à qui mieux mieux et si visiblement heureux… Il n’en avait plus l’habitude. Depuis qu’il n’était plus ce funambule qui dansait sur les fils et ravissait les gosses par ses incroyables prouesses, il avait cessé de se mêler à tout ce peuple en bas âge. A tout ce peuple tout court, même, puisque avec l’abandon de son « métier » de forain c’était tout un pan de sa vie qu’il laissait derrière lui… Un pan incluant tout sentiment d’amitié, ne lui laissant qu’une vie simple et banale qu’il menait en solitaire sans chercher à renouer contact avec d’autres personnes extérieures à sa petite bulle personnelle.

Lewis s’était arrêté auprès de ce jeune blond qui devait être le leader de toute cette bande de joyeux drilles. Sans même le saluer, il lui avait adressé quelques mots à propos des retombées qu’auraient forcément son activité – celle de sa troupe – une fois qu’elle serait dévoilée au grand jour. Son interlocuteur se retourna vers lui, le jaugea un instant avant de finalement lui adresser un grand sourire, l’air tout à coup aussi gamin que ces mioches qui couraient de partout. Croisant son regard, il lui adressa un léger hochement de la tête, simple salut matinal, brève marque de courtoisie puisqu’il s’adressait visiblement à un aîné.

« Ce n’est pas pour les dirigeants que je l’ai fait – encore heureux, teh ! –. C’est pour eux. »
Nouveau sourire, un peu plus franc. Plus vrai. Ses paroles dénotaient l’attention qu’il portait à tous ces enfants, c’en était presque touchant. Simplement presque, car l’adolescent n’était pas de nature à s’émouvoir pour ce genre de truc, pour ne rien vous cacher…

« L’un n’empêche cependant pas l’autre, et si j’admire votre créativité en osant porter des couleurs sur un endroit aussi morne, votre désir de rendre ces enfants heureux… Il n’en reste pas moins qu ce qui est une bonne chose pour vous ne le sera pas forcément pour d’autres. »

Il se tut, jugeant le sujet de conversation futile. Sur ce point là, la discussion était close. Après tout, son vis-à-vis devait parfaitement savoir à quoi s’en tenir lorsqu’il avait lancé le début de son projet, non ? Il aurait fallut être bien bête pour que ce ne soit pas le cas. Et lui avait peut-être l’air un peu gamin quand il s’y mettait, mais il était cependant clair que le jeune homme était loin d’être bête.

« Les enfants ! On a une nouvelle recrue ! »
Que… Hein ? De quoi ?

Le brun regarda un instant autour de lui, comme pour s’assurer que l’autre n’avait pas évoqué une tierce personne lorsqu’il avait parlé mais… non. Visiblement, c’était bien de lui qu’il s’agissait.
Les yeux légèrement écarquillés par la surprise, il le considéra un instant sans mot dire, avant d’éprouver soudain une désagréable sensation d’encerclement. Baissant le regard, il remarqua tout aussi sec le mini attroupement surexcité qui venait de se former autour de lui. Eh oh minute ! Attendez un instant, il avait rien demandé, lui ! C’était quoi cette galère dans laquelle on le fourrait sans même solliciter au préavis son opinion, hein ? Alors là non, pas question. Veto !

Quittant l’assemblée du regard, son attention se porta sur leur leader incontesté qu’il sonda un moment sans mot dire. Il ne savait pas trop comment prendre le fait qu’il l’ait ainsi intégré à ses « troupes » sans même demander ce qu’il en pensait d’abord. S’était-il douté que le cas échéant, Lewis aurait sans doute refusé ? Ou bien avait-il agit sans réfléchir, plein d’enthousiasme qu’il semblait être ? Enfin peu importait à présent, car quoi qu’il en soit c’était trop tard. Qu’il le veuille ou non, il ne pouvait décemment pas se retirer après que l’autre eut ameuté plus d’une bonne moitié de ses gamins pour leur présenter le nouvel arrivant ! Autant de choses qu’il comprit en plongeant à nouveau son regard dans ceux, brillants, des gosses. Et cette sensation d’étouffement qui lui avait sauté à la gorge quand ils avaient tous accouru vers lui s’évapora à peu près au même moment, tandis qu’il réalisait que ce qu’ils lui proposaient de partager n’était qu’un petit bout de bonheur hardiment volé, rien d’autre, et pas de quoi en faire tout un flan. Bien au contraire…

« C’était assez mesquin de votre part, je dois dire… »

Encore une fois il s’était adressé au blond, alors que l’ironie sous-jacente dans ses paroles montraient bien qu’il était en réalité loin de lui en tenir rigueur. Un nouveau sourire s’installa sur ses lèvres tandis qu’il lui adressait un bref clin d’œil, avant que son attention ne soit attirée par le pinceau qu’une adorable fillette aux airs angéliques – elle ferait des ravages celle là plus tard, si elle continuait à se servir de ses atours comme moyens de persuasion ! – venait de lui fourrer dans ses mains sans lui demander son avis, sous prétexte que la couleur dégouttant de l’extrémité de ce dernier s’assortissait parfaitement à celle de ses yeux. Son sourire s’élargit tandis qu’il ébouriffait la crinière dorée de la gamine en un geste presque affectueux, sans tenir compte des protestations de celle-ci. Elle cessa de toute façon bien vite son semblant de mine boudeuse pour se remettre à rire aux éclats avec ses compagnons, puis tous s’éparpillèrent à nouveau aux quatre points cardinaux pour continuer leur travail, armé d’un inébranlable optimisme doublé d’une bonne humeur à priori intarissable.

« Hé… Il semblerait que je n’aie plus le choix, à présent… »

Le rire menaçait à tout instant de sortir de sa gorge, fusse un simple éclat rapidement éparpillé dans le vent matinal de l’aurore. S’il s’était attendu à ça en venant ici… Enfin, maintenant qu’il y était, il s’en plaignait pas non plus, bien qu’il faille avouer que la situation le prenait un peu au dépourvu. Il était censé faire quoi, maintenant ? Courir au milieu de tous ces gamins hilares et retomber dans une enfance qu’il n’avait de toute manière jamais connue ainsi ? Il ne pouvait pas aller contre sa nature à ce point, cependant… Et voilà qu’il se retrouvait à présent invité à une bataille d’eau.

« Vous venez ? Allons donc apporter la touche finale à votre œuvre. Ajouta-t-il après quelques instant de silence, avant de lui donner une légère tape sur l’épaule, comme s’il le considérait déjà comme une bonne connaissance. Quitte à ce que vous payiez la note, autant qu’elle soit amplement méritée. » Nouveau sourire, les yeux un peu plus brillant qu’à l’accoutumée.




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Dernière édition par Lewis Sweiss le Lun 8 Mar - 12:53, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Ven 5 Mar - 13:59

Le Temps que sa « recrue » ne se rendre compte de ce qui lui arrivait, elle était déjà foutue. Evidemment que c’était le but tiens ! Gérer tous ces gamins n’était pas très évidement, alors lorsqu’il « appelait » en renfort d’autres personnes, ca le soulageait légèrement. Il se débrouillait ensuite pour placer ses «volontaires » plus agés aux endroits les plus éloignés de la place centrale qu’il occupait, de sorte à ce que même ceux qui étaient éloignés puissent avoir un garde fou. Certes, ils ne risquaient pas grand-chose, mais il se sentait plus tranquille de cette manière. Sans oublier que sur un point de vue artistique, la participation d’une personne à l’âge dépassant la moyenne d’années de ses petits démons armés de pinceaux était grandement bénéfique. Mis à part les Van Gogh précoces, certains dessins étaient brouillons, quelque peu maladroits par moments, d’autres totalement incompréhensibles. L’effet était mignon, incongru et attendrissant, mais il était également agréable de contempler des dessins aux traits plus maîtrisés, plus adultes. L’hirondelle de Lilian par exemple s’envolait haut, survolant de ses ailes azurées une armée de maisons à la cheminée fumante, de mamans bâtons, de fleurs à six pétales qui souriaient et d’arbres à cinq ou six branches pas plus. Si seulement il avait pu réincarner De Vinci ! Son hirondelle était belle, bleue nuit. Elle rejoignait un essaim de papillons. Les papillons, ce n’était pas lui qui les avait fait. C’était une jeune albinos d’une quinzaine d’années qui disait s’appeler Alice que son major armé de fossettes avait mobilisée sur le chemin. Les dix premières minutes, elle avait paru réticente, n’avait pas trop osé, sourit aux gamins qui lui montraient leurs créations en les encourageant, dépassée par les évènements, puis elle s’était reprise (il faut dire que se faire sauter dessus par six chatouilleurs en série décoince) et avait commencé à peindre, proposer des idées, rire avec les enfants. Et elle s’était avéré une excellente dessinatrice. D’ailleurs, il voyait l’éclat de ses cheveux blancs du coin de l’œil. La jeune adolescente était en train d’aider un enfant à terminer son champignon géant en ajoutant un lapin en dessous, et quelques brins d’herbe. Le gosse dessinait bien !

« C’était assez mesquin de votre part, je dois dire… »

Il lui dérocha un sourire aussi éblouissant que le soleil.
-Oh, vous croyez ?

Bien sûr que c’était mesquin, et alors ? Les plus mesquins de tous, c’étaient ces diablotins bardés de sourires capable de faire fondre un cœur de glace juste avec un regard larmoyant et une voix à faire pleurer les pierres. Lui, il se contentait de lutter comme il pouvait. Il voulait finir le bâtiment principal avant la fin de son escapade qui se terminerait d’ici trois heures environ, et plus on était de fous, plus on riait, ou moins il y avait de riz, comme vous voulez.

Cessant de surveiller son armée de gosses quelques instants, il se baissa et piocha dans un sac ouvert à ses pieds des vêtements larges, très larges, et à l’air assez ancien.

« Hé… Il semblerait que je n’ait plus le choix, à présent…»

Lilian se redressa et lui tendit son paquet avec un sourire indulgent et des yeux pétillants de malice.

-Il semblerait en effet. Tenez, enfilez ça. Pour vos cheveux, je crains de ne rien pouvoir, mais la peinture n’est pas chimiquement agressive.

Ce n’étaient pas des vêtements de grande couture, mais ce n’était pas prévu pour cela non plus. Ils étaient d’un bleu délavé, et il pourrait les enfiler par-dessus les siens de sortes à ne pas avoir à se déshabiller et fourniraient une protection efficace. Lilian voulait que tout le monde passe un bon moment, et que mis à part le savon qu’ils se prendraient en ayant fini, il ne reste aucun souvenir désagréable à la fin de cette matinée, même pour ceux qui ne voulaient pas être inclus dedans à l’origine.

Que son interlocuteur rît le soulageait un peu. Il semblait ne pas prendre trop mal de s’être fait enrôler contre son gré, heureusement. Certes, il ne l’aurait pas libéré pour autant, les enfants passaient avant lui, mais il se serait sentit un peu désolé pour lui. Parce que ces anges démoniaques pouvaient être assez capricieux quand on ne mettait pas de bonne volonté. Très rapidement, ils pouvaient lui faire vivre l’enfer sur terre, voire pire. Mais il semblait que son interlocuteur partageait son point de vue, à savoir que les murs de cette académie étaient indécement sérieux pour un endroit où la connaissance et la jeunesse coulaient à flot pour l’avenir de tout le reste de ce pays d’adultes séniles qu’était devenu l’Humanité. Ah, il aimait ce genre de personnes, vraiment ! On pourrait en faire quelque chose avant que les petits cochons ne le mangent !

Lilian rit doucement en avançant vers ces murs qui n’attendaient qu’eux.

-Parfaitement. Et puis, je suis là pour prendre les coups à la place. Alors ne vous gênez pas.

Pourquoi parler de choses désagréables alors que nous n’y étions même pas à la fin ? Autant s’muser du mieux qu’on peu. Surtout qu’ils avaient encore le bâtiment principal à redécorer à leur manière, et qu’il voyait un coin de la face de bâtiment des maternelles qui lui faisait de l’œil n’attendant que lui pour rajouter sa pierre à l’édifice de ce carnaval mural.
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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Mar 9 Mar - 11:36

Où qu’il se tourne, où que puisse dériver son regard, Lewis découvrait à tout instant de nouveaux dessins qui lui avaient échappés la fois précédente où il avait porté ses yeux sur eux, comme si les murs nouvellement décorés de l’Académie regorgeaient de dessins qui se bousculaient les uns les autres pour attraper le regard d’un éventuel contemplateur. Comme s’ils ne cessaient d’apparaître quand bien même leurs créateurs ne s’intéressaient plus à eux, fusionnant avec d’autre pour en former de nouveaux, en un incessant renouvellement de formes colorées et entraînantes dans lesquelles l’on s’y perdait bien volontiers. La jeunesse avait ça, ce talent qui sans en être vraiment un leur permettait d’aborder leur vie avec des pinceaux et une myriade de couleur, une touche d’imagination et un espace pour la laisser s’exprimer comme elle venait. La société étant ce qu’elle était, la plupart de ces gosses perdraient ce don inné en grandissant, encadrés dans un milieu trop dur où il leur serait nécessaire de rentrer dans le moule s’ils ne voulaient pas perdre ce qu’il leur restait de précieux. La vie était cruelle et les désillusions nombreuses. Mais il y en avait quand même pour échapper à tout ça, comme ce jeune homme blond charismatique qui l’avait entraîné dans un monde où il ne pensait plus retrouver sa place. Tout du moins donnait-il magnifiquement le change, après tout l’adolescent ne le connaissait pas assez encore pour arriver à voir au-delà des illusions que pouvaient donner une première impression.

Un sourire à nouveau, comme si le visage de son vis-à-vis n’était formé qu’à ça. Il lui tendit une sorte de blouse de travail bleu clair, extra large, usé comme peuvent l’être de vieux habits mais constituant tout de même une protection efficace pour ses propres vêtements.

« Il semblerait en effet. Tenez, enfilez ça. Pour vos cheveux, je crains de ne rien pouvoir, mais la peinture n’est pas chimiquement agressive. »
Il l’attrapa en remerciant son interlocuteur d’un hochement de tête accompagné d’un simple sourire, puis l’enfila en même temps qu’un genre de pantalon baggy qu’il dut nouer à la taille pour pas le perdre à chacun de ses pas. Pour être large, c’était large en effet ! Mais c’était mieux que rien et puisqu’il se retrouvait embarqué dans cette aventure maintenant, autant pallier aux quelques difficultés qu’elle pouvait comporter à ses dépends.
Fouillant dans la poche que le blond avait à ses pieds, il finit par dénicher une sorte de bandana plus ou moins potable, mais qui ferait amplement l’affaire pour l’usage qu’il lui destinait. Si le jeune homme avait les cheveux assez longs pour se les attacher en queue de cheval, ce n’était malheureusement pas le cas de Lewis, qui les avait trop court pour pouvoir se les attacher qu’une quelconque manière que ce soit, mais cependant suffisamment long et en pétard pour qu’ils lui retombent sans cesse sur le visage. S’il ne doutait pas des propos de son vis-à-vis quand il déclarait que la peinture n’avait pas de propriétés chimiques dangereuses pour le corps humain, il n’avait pas pour autant envie de mettre en pratique cette application en laissant ses mèches ébènes – qui, il n’en doutait pas une seconde, ne seraient bientôt plus de cette couleur – lui mettre généreusement de la peinture dans les yeux. Aussi disposa-t-il le bandana de façon à ce que son indomptable tignasse soit tirée en arrière pour bien dégager son espace visuel, le nouant derrière sa nuque. Le soleil éclaboussait généreusement la pâle carnation de son visage, réchauffant agréablement s a peau tout en lui promettant de bons moments à venir au milieu de cette agréable ambiance. L’humeur était à la fête, le temps se prêtait au rire et le reste à la création. Puis son interlocuteur venait de le souligner une fois de plus, après avoir laissé échapper un énième éclat de rire qui partit se perdre parmi tant d’autres : Ne vous gênez pas, avait-il dit. Fort bien. Lewis n’avait jamais eu l’esprit particulièrement vivace en ce qui consistait la création, mais ses talents de graphistes étaient cependant indéniables. L’orphelinat n’était certes pas le meilleur endroit pour permettre à un gosse de grandit et de s’épanouir, il n’en restait pas moins que c’était là-bas que l’adolescent, autrefois mioche insouciant comme tous ceux-là, avait avec force patience développé une passion pour le dessin, à laquelle il n’avait par la suite presque plus consacré de temps. Comme beaucoup, il avait grandit trop vite. Ce matin s’offrait presque comme une deuxième chance à ses yeux.

Suivant son interlocuteur qui s’avançait vers l’un des murs encore peu saturés de couleurs, l’adolescent ramassa au passage deux pots de peinture qui trainaient ici et là, avant de s’arrêter devant le premier espace nu qui attira son regard brillant d’une certaine excitation contenue. Le pinceau violet toujours à la main – il ne l’avait pas lâché celui-là, cadeau de la gamine qui l’avait amené à se jeter dans ses filets simplement à l’aide d’un ravissant sourire –, il réfléchit un instant au premier dessin duquel il s’apprêtait à porter les premières esquisses sur le béton. Puis il se morigéna intérieurement : La réflexion n’était pas de mise, ici. Il ne saurait ce qui prendrait forme sous les traits de son pinceau qu’au moment où il se serait jeté dans la gueule du loup et aurait porté le premier coup, pas avant.
Un mince sourire étirant toujours ses lèvres, il se lança pour de bon, retrouvant presque aussitôt toutes ces sensations qu’il avait eu à dessiner, lorsqu’il était plus jeune. Bien qu’il ait l’impression que tout ça se soit déroulé bien plus longtemps avant qu’une simple quinzaine d’années plus tôt. Et puis ce n’était pas un crayon, mais un pinceau. Et il ne créait pas sur une feuille, mais sur un mur. Cela dit… Quelle importance, au fond ? Puisque dans les deux cas, la visée finale était la même.
Une dizaine de minutes passèrent. Lewis se recula d’un pas pour regarder le dessin qui avait commencé de naître sous la dextérité de ses traits fraîchement retrouvée. Les traits étaient légers et assurés, comme s’il n’avait pas douté de ce qu’il voulait faire, au final : une fée, délicate bien que très simple – n’exagérons pas non plus : il n’était pas surdoué en dessin – était assise sur la fleur dont il savait qu’elle serait la prochaine à apparaître sur ce mur. Et puis qu’importe si ses contours avaient été dessinés avec de la peinture violette ? Les conventions n’existaient pas ici. Sans se perdre dans un luxe de détails inutiles, il n’avait donc plus qu’à apporter quelques touches de couleurs à son travail avant de pouvoir considérer que ces gosses l’avaient définitivement entraîné dans leur folle sarabande. Mais bon… Impossible de leur en vouloir maintenant qu’il y était.

Tandis que l’adolescent observait les autres gosses, plus ou moins âgés, s’agiter de partout pour continuer sur leur lancée, une question lui vint à l’esprit : quelle heure pouvait-il bien être ? Il avait complètement perdu la notion du temps depuis qu’il avait posé les pieds ici. Pas qu’il ait peur d’arriver en retard en cours hein, car ça, il avait un peu rien à foutre mais… Simplement par curiosité. Le soleil commençait à monter dans le ciel, pourtant il avait l’impression de tout juste arriver parmi eux. Le temps passerait-il trop vite, juste parce qu’il osait enfin se permettre un petit intermède de la sorte ? M’enfin. Qu’il cesse donc de s’inquiéter de ce genre de détails, ce n’étaient après tout que futilités qui gâchaient l’instant présent. Tournant son regard vers le blond – à défaut de savoir son nom, il allait finir par définitivement le surnommer comme ça si ça continuait… – il observa ce qu’il dessinait lui, appréciant la maîtrise qu’il semblait avoir de ses coups de pinceaux. Une question lui monta alors en tête, à savoir ce qui avait pu décider l’autre à se lancer dans un projet aussi insensé. Et il faut avouer que, la curiosité aidant, il eut bien du mal à se convaincre que ce n’était peut-être pas le bon moment pour la poser. Il se contenta donc d’observer le jeune homme dessiner, silencieux et admiratif à la fois. Peu bavard, il n’entamait jamais de lui-même une conversation, aussi engageante que puisse l’être la personne se trouvant alors en face de lui.

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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Mer 10 Mar - 15:54

Sa recrue ne protesta pas, et enfila son "uniforme" rapidement. Lilian sourit en coin. C'était amusant de voir comment l'allure des gens se modifiait si radicalement en fonction de leur habillement. Vous n'avez jamais remarqué? Le meilleur moyen de détruire un homme, ce n'est pas de le frapper, de le violer, de le traiter de tous les noms, ou encore de le tuer. Non, le meilleur moyen, le plus efficace, mais aussi le plus horrible, c'est de le dépouiller de son nom, de son histoire, lui ôter ses chaussures, ses vêtements, lui raser la tête, lui ôter tout ce qui est constitutif de son identité et de son être. Le meilleur moyen d'asservir un homme, c'est de le rabaisser au rang de moins que rien, rien étant déjà une identité trop forte. Il devient comme les autres, poupée de cire blafarde comme tant d'autres baignant dans un éclairage mourant. Lors de guerres passées, dans des camps de concentration, des hommes, heureusement morts depuis longtemps, en avaient fait ainsi, transformant des hommes libres en bêtes, bétails, restes d'humanité écrasés par l'horreur de ce que l'Homme faisait de pire.
Évidemment, Lilian n'avait pas l'intention de perpétrer les moments les plus sombres de l'histoire des Hommes, mais il connaissait l'importance symbolique qu'avait les vêtements. C'était bien pour cela que la mode existait, non? En le faisant se changer, en le faisant adopter une tenue de travail abîmée inconvenante pour étudier ou aller à des réunions, il avait ainsi fait en sorte de montrer qu'il n'était pas plus fort que les autres d'une part, mais la plus petite, et également et surtout pour lui montrer qu'il faisait partie du "groupe". Sans oublier l'esprit pratique des choses.
La vie en société n'était qu'un assemblage démentiel de codes, valeurs, vertus, symboles et gestes qui, mis bout à bout créait le fil rouge qui reliait un homme aux autres. Et de savoir comment il était tressé était un avantage indéniable pour celui qui veut se faire marionnettiste. Non pas que Lilian avait l'intention de manipuler des foules, les foules et lui, ce n'était vraiment pas l'amour fou, mais il savait que savoir ce genre de choses était bien pratique, surtout lorsqu'il avait des choses à mener, alors il s'en servait sans aucun remords.

Et ils étaient partis dessiner, laisser l'encre couler et faire ainsi s'exprimer leur art refoulé, leur inconscient pourtant bien éveillé, tant de choses qu'on muselle d'ordinaire. Bien que dessinant, et s'amusant bien à dessiner, Lilian continuait de surveiller sa troupe du coin de l'œil. Il y avait de plus en plus de grandes personnes qui se trouvaient "désignées volontaires" pour venir surveiller, et participer, alors le blond se détendait de plus en plus, mais ca ne l'empêchait pas de rester les sens aux aguets, tendu comme un arc au cas où le moindre signe précurseur de dérapage pointerait le bout de son museau. Et pour le moment, il surveillait le brun qui venait de les rejoindre. Il était en quelques sortes à l'essai. Mais il semblait bien jouer le jeu, c'était bon signe, et les enfants l'avaient déjà accepté. Il était content de voir que ça se passait bien. C'était souvent les chefs d'orchestres qui stressaient le plus, bien plus que leurs premiers violons ou qu'un joueur de contrebasse. C'était aussi le cas du blond. Il redoutait encore LA fausse note qui amènerait les noirs nuages sur sa "petite sortie pédagogique"... En parlant de nuages... Lilian leva les yeux vers le ciel... D'un bleu infini. Un soupir soulagé lui échappa, et il contempla les créations des autres qui devaient avoir fleurit sur les murs pendant qu'il s'amusait à faire un essaim de papillons. A vue de nez, il y en avait une bonne centaine. De papillons, il y avait trois fois plus de dessins, et encore, il visait bas.

Il fixa celui du brun avec un air appréciatif. Il dessinait bien! Ça faisait chaud au cœur. Et aux yeux. Il se leva de son essaim aux ailes fines et bleues, rouges et noires, pour s'approcher de la fée en construction.

-Elle est magnifique.

Et il le pensait. C'était toujours l'enfer quand on peignait sur un mur. Question précision, il fallait repasser, et loin, très loin. En fait, il fallait surtout partir loin et ne jamais revenir.

-Je peux?

Et sans attendre la réponse, les dessins ici étaient à tout le monde, il commença à déplacer son essaim de papillons du côté de la jolie fée, lui créant un halo d'ailes colorées s'envolant dans tous les sens. Un essaim de papillons, c'est beau. Un essaim de papillons qui créaient un diadème à une fée toute de violet constituée, ça donnait une présence aux deux dessins encore plus écrasante.

-Au fait, si on vous pose des questions, dites qu'on vous a menacé de ce que vous voulez, tant que c'est pas de mort... Ça vous évitera des ennuis.

Puisque le blond comptait porter le chapeau, autant qu'il soit bien énorme. Un chapeau énorme, avec plein de décorations. Un chapeau de dix mètres de long que tout le monde reconnaîtrait. Un chapeau coloré, avec plein de breloques dessus. Pas un pauvre petit chapeau de mendiant, petit et pauvre, rapiécé de partout, gris car autrefois noir et couvert de poussière car s'était fait piétiner.

[court, nul.... A mon image quoi ]
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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Dim 14 Mar - 4:42

Lewis ne s’était jamais vraiment mêlé à des personnes, qu’elles soient de son âge, plus jeunes ou même plus âgées. Déjà lorsqu’il était gosse, à l’orphelinat, il avait toujours eut l’habitude de rester seul dans son coin, préférant son humble compagnie à celle de personnes qui venaient envahir sa petite bulle d’intimité personnelle. Et si par la suite sa vie au cirque lui avait apprit qu’il pouvait passer d’excellents moments en compagnie de personnalités toutes plus hétéroclites les une que les autres, sa chute n’en avait été que plus grande lorsqu’à nouveau il s’était retrouvé seul. Dès lors, il n’avait plus attaché aucune importance à l’amitié et à tout ce qui pouvait y ressembler de près ou de loin. De ce fait, il avait définitivement préféré faire bande à part que de chercher à s’intégrer parmi d’autres. Pourtant, il se sentait bien là, au milieu de tous ces gosses qui l’avaient accueilli avec bonne humeur & enthousiasme, et intégré dans leurs joyeuses troupes aussitôt qu’il était arrivé dans la cours du bâtiment des primaires. Parfois, il lui arrivait de regretter cette enfance qu’il n’avait jamais connu ainsi, et qui était passé depuis longtemps derrière lui.

« Elle est magnifique. »

Son regard s’était perdu dans le vide – le plein serait pour le coup plus approprié à ce moment, vu le taux de fréquentation de l’endroit – aussi eut-il une sorte de sursaut en entendant la voix du jeune homme. Alors que même pas quelques minutes avant cela il le cherchait du regard, ses pensées l’avaient rattrapé et il ne l’avait pas vu, encore moins entendu, s’approcher de lui. Prit au dépourvu par le compliment qui, il le sentait, était franchement sincère, il baissa les paupières sur ses iris violets, ressentant ce qui s’approchait le plus d’une certaine gêne ; il n’avait pas l’habitude qu’on le complimente sur quoi que ce soit qu’il puisse faire. Même lorsqu’il était forain, et qu’il réussissait une pirouette exceptionnellement difficile sur son filin, on ne l’avait jamais complimenté sur ses talents. Chacun de ses camarades avait toujours considéré qu’il était de son devoir que de faire de son mieux pour distraire les spectateurs et faire en sorte qu’ils en aient pour leur argent. Car après tout, c’était leur boulot en tant qu’amuseurs des foules.

« Je peux ? »

De nouveau, Lewis était retombé dans l’entraînante spirale de ses pensées un brin nostalgique. S’il pouvait… quoi ?
Son regard alla du blond à son dessin, puis jusqu’au pinceau que son vis-à-vis tenait à la main et il acquiesça d’un simple geste tandis que l’autre, sans attendre la réponse, avait déjà commencé d’apporter sa touche personnelle à sa petite fée violette. L’observant sans mot dire, il admira la nuée de petits papillons qui naissaient sous son pinceau au fur et à mesure qu’il dessinait. En un rien de temps, sa créature féerique fut entourée d’une magnifique aura toute virevoltante, nuée d’ailes multicolores qui n’apportaient que davantage de vivant au dessin. Parce que la coopération entre quelques personnes permettaient à chacun de donner le meilleur d’entre eux pour obtenir un résultat final dépassant leurs espérances primaires.

« Au fait, si on vous pose des questions, dites qu’on vous a menacé de ce que vous voulez, tant que ce n’est pas de mort… Ça vous évitera des ennuis. »

Les paroles de son interlocuteur réussirent enfin à lui arracher un sourire amusé. Il avait une curieuse façon de voir les choses, celui-là…
Ne répondant pas tout de suite, l’adolescent se rapprocha à nouveau d’un coin de mur vierge non loin de celui où il avait apporté sa première pierre à cet édifice de couleurs et de vie. Un nouveau dessin prenait forme dans son esprit, et il ne voulait pas lui laisser trop le temps de se construire jusque dans ses moindres détails avant de commencer à le créer. Abandonnant sa couleur violette, il adopta le noir pour commencer à dessiner dans ses grandes formes un loup dans toute sa splendeur, sautant en un bond élancé au dessus d’un arc-en-ciel et de son traditionnel coffre au trésor.

« Vous croyez vraiment qu’on me croirait, si je déclarait qu’on m’avait forcé à désigner ça ? Il désigna du bout de son pinceau la fée, haussa les épaules puis laissa échapper un léger éclat de rire étouffé. Quoi qu’il en soit, ne vous inquiétez pas pour moi, je saurais me débrouiller s’il advenait que je doive faire face à ce genre de situation. »

Lewis abandonna sa couleur noire pour se saisir d’un bleu azuré et dessiner les yeux de son animal lupin. Puis, toujours gardant cette même couleur, il jucha un lapin à l’air burlesque au sommet de son crâne, entre ses deux oreilles pointues. Enfin, histoire d’achever le tout, il dénicha un vert pâle pour agrémenter le corps du Loup de quelques motifs, obtenant au final un dessin tricolore plus stylisé que réaliste, et dont le genre changeait radicalement de son premier.
Les paroles de son interlocuteur lui revinrent en mémoire. Il lui avait répondu sur un ton sans inquiétude, empli de nonchalance. Et de fait, si on venait à l’interroger à ce sujet il n’hésiterait pas à se servir de son pouvoir pour se faire oublier de chacun… Même des gosses, s’il le fallait. Il n’aurait pas le moindre scrupule à l’utiliser sur eux, si c’était simplement pour disparaître de leurs esprits. Tout en espérant qu’il n’aurait pas à en arriver là, malgré le fait qu’il assume parfaitement ne pas avoir honte de laisser les autres porter l’entière responsabilité d’une affaire dans laquelle il avait tout autant trempé qu’eux.

« Vous aussi, vous dessinez bien… Son regard s’était à nouveau porté sur l’envolée de papillons multicolores autour de sa fée. Et vous paraissez parfaitement à votre aise, ici. Avez-vous l’habitude ce genre… d’excursion ? »

Aha, voilà que finalement il l’avait posé, cette fameuse question. A croire que sa langue s’était un peu déliée, dans cette ambiance chaleureuse qui l’entourait.

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MessageSujet: Re: Le rêve d'Icare ou la chute d'un arc-en-ciel [Pour tous =D] Dim 14 Mar - 11:48

Son interlocuteur semblait... gêné par son compliment. Lilian ne comprenait pas qu'on puisse être gêné par un compliment. C'était étrange. A ses yeux, faire un compliment à quelqu'un parce qu'on le pensait vraiment était normal, logique, et même recommandé... Peut être étais-ce encore une preuve qu'il était un "péquenot de la campagne" qui s'était perdu dans un territoire qui ne serait jamais le sien, qui sait. Et oui, Lilian faisait des compliments quand il le pensait, ou bien faisait un petit sourire, et félicitait la personne sur un détail réussi lorsqu'il pensait que l'ensemble était raté sans le dire clairement pour ne pas blesser, ou bien, si c'était une horreur totale et indicible, alors il se taisait et se contentait de sourire. Mais il ne mentait pas. Pourquoi? Non, ce n'était pas parce que Lilian était une âme pure et innocente qui considérait que le mensonge, c'est le mal, que c'est pas bien, bouuuuh vilain, non, il ne fallait pas pousser. Lilian savait mentir, et il était un excellent comédien, mais il savait doser ses propos, et ne mentait que quand il n'avait pas le choix et que la situation l'exigeait. Et principalement lorsqu'il travaillait. Ah le travail... Le meilleur moyen de vous changer un homme. Déjà, Lilian ne faisait pas attention aux autres, et bien lors de ses heures, c'était encore pire... Sauf quand il travaille en temps que surveillant, évidemment, mais étrangement, il pensait que ce travail là, il n'allait pas tarder à le perdre. Allez savoir pourquoi, une sorte d'intuition sans doute. Non, pas sans doute, sûrement.

Bon, le brun oscillait entre la gêne et un état rêveur et absent. A la limite, il préférait le second état au premier, ça ne le dérangeait pas. Non, ca ne le dérangeait pas. Ça aurait été l'hôpital qui se paye la tête de la charité dans le cas contraire. Sans oublier que lorsque quelqu'un dessinait, il était rarement présent parmi les vivants, discutant plus facilement avec une muse ou des petits nuages roses pour ce qu'il en savait qu'avec eux. Sans oublier le fait que le dessin était un moyen de s'exprimer, et donc une porte ouverte à l'introspection et aux souvenirs. Par exemple, lorsqu'il dessinait, il ne pouvait s'empêcher de se remémorer la quiétude paisible de sa forêt, de ses bruissements mystérieux et inquiétants pour ceux qui ne connaissant pas la magie des lieux. A chacun son vécu, à chacun ses fantômes. Il n'en voulait à personne de se laisser visiter par eux, loin de là.

Lilian sourit à sa réponse.

-Il y a trop de gens impliqués pour effectuer une sanction de groupe. Ils chercheront sans aucun doute un bouc émissaire. L'image de l'Académie en pâtirait trop si ils acceptaient d'admettre que cinquante de leurs pions ou plus, j'ose espérer qu'il y en aura plus, ont échappé à leur contrôle.

Le blond parlait de sanctions de groupes, de manipulation et de mensonges avec le même sourire qu'il avait utilisé pour l'accueillir parmi eux. Un sourire radieux, lumineux qui ne laissait filtrait aucun doute ou inquiétude, si seulement il en ressentait.
Lilian ne s'offusquait pas des méthodes de son "employeur". A la guerre comme à la guerre après tout. Il savait que prendre le pouvoir n'était pas un problème,, le souci majeur, c'était de le garder, et assoir sa domination. Cela impliquait de faire passer une notion d'acceptation dans l'esprit de ses sujets. Et rien de mieux dans ce genre de cas que d'attaquer dès la petite enfance, et durant toute l'éducation des futurs sujets. Certains s'en rendaient compte et l'acceptaient, d'autres se rebellaient. Et Lilian dans tout ça? Il s'en foutait. Le gouvernement ne savait pas qu'il existait et il le laissait tranquille, alors le blond en faisait de même. Si la situation évoluait, peut être évoluerait-il avec elle, peut être que oui, peut être que non.

-Et puis, je n'attend rien d'eux, contrairement à vous.

Même pas son salaire. Encore heureux, parce qu'il pensait bien qu'il n'était pas prêt de voir la couleur de sa fiche de paye. Comme quoi, parfois, ne pas penser qu'au profit que l'on pouvait se faire en faisant telle ou telle action pouvait avoir des avantages non négligeables.

Il avait volontairement inclus le brun dans le "vous". Ce n'était pas parce qu'il était tout fraîchement enrôlé qu'il ne faisait pas partie de leur mini rébellion, et il pensait à le protéger autant qu'il pensait à protéger la gamine aux fossettes ravageuses. Tous logés à la même enseigne, comme ça il n'y avait aps de jaloux. C'était tout aussi bien, non?

Tout en admirant le loup complètement burlesque qu'il était en train de peindre à côté de lui, Lilian terminait son modeste essaim sans prétentions et y ajoutant des ombres, des reflets... Et puis les rares vides qui apparaissaient de temps à autres ne faisaient que dessiner un autre papillon, un papillon qui n'existait pas. Lilian aimait bien le symbole du papillon. Liberté, envol, tout d'abord, puis ensuite beauté éphémère, et donc en quelque sorte vie qui se terminera, et donc mort sous-jacente. Il trouvait ironique et charmant qu'une chose aussi simple, enfantine et poétique qu'un papillon puisse être une représentation adoucie de la mort qui attend son heure patiemment.

Une fois n'est pas coutume, Lilian sourit de nouveau. C'était pas de sa faute, il semblait que ses muscles faciaux ne puissent plus s'empêcher de se crisper à chaque fois. Comme quoi, le climat émotionnel de Lilian influait énormément sur son comportement. Il était content détendu, en paix avec lui même et il s'amusait, et son corps ne pouvait s'empêcher de le montrer.

-Non, c'est ma première fois.

Il se recula pour admirer l'effet d'ensemble. C'est sûr qu'il aurait pu y travailler un peu plus longtemps, mais pour un œuvre murale et éphémère, c'était largement suffisant.

-Je pense que si on se sent à l'aise, c'est grâce aux enfants...

Il les regarda qui sautaient, riaient, dansaient même... Ils étaient l'image même du bonheur. En les voyant, on avait du mal à se persuader de ne pas les chouchouter pour qu'ils leur lancent les mêmes sourires que ceux qu'ils leur offraient à présent.

-Ils sont diabolique, n'est ce pas?

Lilian l'avouait sans complexe, lui aussi s'était fait avoir par les bouilles d'enfants suppliants, autant que par leurs éclats de rires.
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