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Novocaine for the Soul [Lewis]

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MessageSujet: Novocaine for the Soul [Lewis] Dim 28 Fév - 18:21

Life is hard, and so am I
You better give me something so I don’t die.

    Quel cliché, quel manque total d’originalité. D’être ainsi abattu par un ennemi aussi banal que la routine et l’ennui. Quand on y pense, se tirer d’une situation extrême comme une tentative d’assassinat sans queue ni tête le jour de la Saint-Valentin dans un salon de thé, pour ensuite être abattu en plein entre les deux yeux par l’ennui le plus mortel, voilà qui n’était guère flatteur. Après un tel évènement, il était logique que ses liens avec l’association des jeunes espoirs du monde de la finance se désintègrent un peu. Qui aurait voulu passer du temps avec un gars qui attire des hackers fous à lier voulant sa peau sans aucune raison valable? Personne, même pas lui-même. D’ailleurs, un proverbe disait que l’ennui était la marque des esprits car ils « s’ennuient dans la solitude parce qu’ils se rencontrent eux-mêmes ». Voilà qui avait le don de le mettre en rogne une fois de plus, il n’était pas un esprit médiocre, il était un esprit vif à l’avenir prometteur, quoi que puisse en dire un vieux proverbe. Ce n’était pas de sa faute si sa vie présente était ennuyante à mourir, c’était la faute de cette école, de son père qui l’y avait envoyé, de cette foutue interdiction de vivre de chez lui et de cette garde du corps qui le suivait partout. Comme s’il était obligé d’être agréable avec elle simplement parce qu’elle lui avait sauvé la vie, elle était payé pour ça non? Qu’on lui donne une augmentation quelque chose, n’importe quoi pour qu’elle cesse d’être sur son dos à tout moment de la journée, même s’il lui rendait bien.

    C’est dans cet état d’esprit que le jeune et désabusé Isaac Leenhart devait se rendre à ses cours ce jour-là. Ces cours, symbole ultime du chemin de croix qu’il devait parcourir pour qu’on lui donne le droit un jour d’avoir son nom dans l’histoire de la finance. S’il ne ressortissait pas vivant et « grandi » de cette expérience, il pouvait faire une croix là-dessus. Leçon de vie par-dessus leçon de vie, il avait de plus en plus l’impression d’avoir l’appellation « GAMIN » écrit en lettres rouges dans le front, en lettres de feu peut être. Pendant un moment, il avait cru que ce label lui serait favorable, lui permettant de profiter de ses jeunes années avant que le démon du travail lui saute dessus, mais cloitré dans cette école où la populace ne lui disait rien qui vaille et avec l’association des jeunes pleins aux as en manque d’activités intelligentes qui lui tournait le dos, il avait l’impression qu’on était en train de transformer ses jeunes années en un espèce de menu plein de fibres et d’édulcorants hypocaloriques. D’habitude très sérieux, cet ennui forçait son cerveau à des acrobaties incompréhensibles qui étaient, pour l’instant, une de ses seules réelles distractions. Penser à quel point il était supérieurs à beaucoup de gens.

    Bien entendu, il ne s’était pas rendus à ses cours ce jour-là, n’ayant pas le cœur à se forcer pour avoir l’air un minimum intéressé parce que sa garde du corps devait sûrement faire des comptes-rendus à son paternel sur son niveau de motivation à devenir un futur entrepreneur modèle. Il avait donc feint un malaise à la jeune femme, qui même si elle n’avait sûrement pas gobé l’histoire, devait le laisser tranquille, et en avait profité pour dormir un brin. Il se réveilla dans els alentours de midi, ne se souvenant de ses songes que par une vaste étendue grise qui lui rappelait sa vie sociale. Au moins, il avait perdu un peu de temps, avait-il songé en regardant le cadran de sa chambre. Perdre du temps, c’est un peu ce qu’il faisait en espérant des jours meilleurs, quelqu’un, quelque chose.

    Après avoir effectué toute sa routine du matin quelques heures en retard, essayant de changer l’ordre pour y mettre un peu de renouveau, mais rien n’y fit. Les cours de l’après-midi ne lui semblant guère plus attirant que ceux du matin où son esprit à moitié-endormi aurait pu vagabonder. Il prit une pause, se secouant un peu, cette crise d’ennui était vraiment grave. Lui qui c’était cru très pragmatique et avait toujours méprisé les rêveurs, voilà qu’il se sentait rétrogradé à leur poste. Peut être que la rêverie venait du fait d’être emprisonné dans un univers qui ne lui convenait pas? Voilà qui ne rendait pas les rêveurs plus sympathique à ses yeux et qui lui donnait à nouveau envie de sortir de cette morosité.

    Le jeune homme décida alors de laisser le grand air aérer ses idées qui commençaient à devenir un peu rancies et se dirigea vers le parc entourant l’établissement. La température se prêtait bien à la flânerie, alors que le temps, bien que nuageux s’était considérablement réchauffé. Revêtu d’une veste et d’une écharpe, il pouvait facilement rester dehors, sans craindre la morsure du vent, absente, ni celle de l’humidité. En ce temps de cours, l’endroit était vide, du moins de son point de vue, chercher à voir s’il était réellement seul lui avait paru dégradant. La perspective de devoir réellement se battre pour avoir ce qu’il voulait, une vie dans ce cas-là, et non de se le faire servir sur un plateau d’argent, lui était franchement dérangeante. Il s’assit sur un banc, qui lui paru froid alors qu’il entrait en contact avec sa surface, fulminant encore contre le cliché qu’était sa situation. S’asseoir ainsi dans un parc, sans rien de mieux à faire, il n’était pas un vulgaire rêveur sans but, il était Isaac Leenhart et il valait mieux que ce banc et ce vide, point à la ligne.


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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Lun 1 Mar - 15:37

[J'espère que ça t'ira, je t'ai pas fait une super ouverture :/]
Et voilà encore une nuit qui s’enfuyait au loin sans que le sommeil se fût emparé ne serait-ce qu’un seul instant de son corps. On allait finir par s’apercevoir, au campus, que la chambre qu’on lui avait alloué depuis son arrivée ici que ne servait que très peu, sinon quasiment jamais. S’il y venait pour s’assurer de laisser quelques traces qui prouvaient bien que le jeune homme existait encore et qu’il vivait toujours là, c’était bien le grand maximum ! Encore qu’il l’utilisait également pour dormir, de temps à autre. En plein jour, s’entend. La nuit, il avait milles autres occupations à faire que de se glisser entre des draps chauds et un sommier confortable, aussi attirant que puisse lui paraître le sommeil selon certains moments. La nuit, il en était amoureux. Littéralement. Ne serait-ce uniquement parce que le voile nocturne étoilé dont elle recouvrait la terre était bien plus beau que celui, morne grisaille du jour, ou bien parce que le silence qui s’installait alors était plus plaisant que les bruits journaliers et incessants. Et puis même, la vie nocturne de la ville était quelque chose de beaucoup plus intéressant à observer, car beaucoup plus imprévisible. Non décidément, il ne pouvait concevoir de s’abandonner au sommeil dans ces moments là… Lewis était donc partit, comme souvent, vagabonder sans but précis au travers des grandes rues d’Anthalys devenue pratiquement déserte, laissant ses pas décider de l’endroit suivant où il se rendrait. Et il avait marché ainsi, arpentant des endroits qu’il connaissait sur le bout des ongles et d’autres qu’il découvrait seulement maintenant, jusqu’à ce qu’un cirque ambulant – et sans doute illégal au vu de l’heure et du lieu auxquels il se produisait – retienne son attention jusqu’au petit matin. Il avait prit place sur les gradins pour admirer les acrobates, s’était remémoré non sans une certaine nostalgie la période de sa vie où il était de l’autre côté de la scène et évoluait à leur côté, et était resté jusqu’à ce qu’on lui demande gentiment – mais non pas moins fermement – de bien vouloir sortir du chapiteau. Il s’était exécuté dans un sourire évasif et avait mit les pieds dehors juste à temps pour pouvoir perdre son regard dans l’aube claire qui se levait et chassait les derniers lambeaux de nuit jusqu’à la prochaine fois. Anthalys se réveillait, et lui allait se coucher. Il avait regagné sa chambre, bouquiné un peu le premier livre qu’il avait trouvé à son chevet – un traité de philosophie sur la vie et la mort, assez intéressant par endroit il fallait le dire – avant que ses paupières ne s’alourdissent progressivement et qu’il daigne enfin s’abandonner à l’étreinte de Morphée. Et c’est ainsi que les heures de la matinée s’étaient longuement égrenées, sans grand intérêt par ailleurs puisque lui dormait.

C’est le soleil de midi qui, ayant trouvé le moyen de se faufiler à travers ses volets clos, était venu réchauffer de ses doux rayons son visage encore endormi et l’avait tiré de son lit en pleine forme pour l’après midi qui s’annonçait. En pleine forme et absolument sans aucune idée de ce qu’il allait pouvoir faire une fois qu’il aurait satisfait les grondements affamés de son ventre désespérément vide. Aller en cours ? Pourquoi faire ? Le ciel était pratiquement vierge de tout nuage, et la journée – du moins ce qu’il en restait – s’annonçait resplendissante. Il aurait plu, à la limite… Mais là, c’était juste hors de question. D’autant plus que s’il se rappelait bien de son emploi du temps, il n’avait rien de vraiment passionnant à étudier, cet après-midi.

« Parfois, je t’envie tu sais ? Toi au moins tu ne passe pas ta vie à te demander ce que tu va bien pouvoir en faire, si tu te fais chier tu n’as qu’à dormir. »

Le chat auquel il avait parlé tout en se saisissant des habits qui traînaient sur le montant de sa chaise afin de s’en vêtir ouvrir un œil vert, le considéra un instant et bâilla longuement avant de changer de position et de replonger dans le sommeil, confortablement installé sur son lit. Le message était on ne peut plus clair : J’en ai rien à foutre de ce que tu peux bien dire ou penser, alors si tu pouvais me ficher la paix ce serait merveilleux. Lewis l’avait recueillit quelques mois auparavant alors que, blessé, il était bien parti pour crever de faim sinon de l’infection de ses blessures dans une rue où personne ne se souciait de lui. L’amour des félins ayant toujours été une faiblesse chez lui, il l’avait emporté à son « logis » sans se soucier de ce que les animaux ne soient pas autorisés ici, et l’avait soigné. Depuis, l’autre avait élu domicile dans sa petite chambre d’étudiant, allant et venant selon ses envies et l’accompagnant même parfois lorsqu’il partait en vadrouille. Discret, ne demandant que peu d’entretien, sa place lui avait rapidement été assurée ici. Tant qu’il ne se faisait pas remarquer ni ne causait de dégâts… Enfin.

Lewis termina de s’habiller et se passa rapidement la tête sous l’eau histoire d’en effacer les dernières traces de sommeil, avant de sortir de sa chambre. Le campus tout autour était désert, la majorité des étudiants l’habitant étant parti en cours depuis belle lurette. Le jeune homme se dépêcha d’en sortir pour finalement débarquer dans le parc, grand espace verdoyant qui en bordait les alentours. Peut-être son endroit préféré de la Seiryoku no Gakuen, avec la bibliothèque s’entend. Il en suivit le premier sentier qui s’offrit à lui pendant quelques instants, le temps qu’il termine son casse croûte rapide et peu consistant, en fait. Puis l’appel du gazon fut plus fort et il alla s’y asseoir en plein soleil, profitant de ce que ce dernier soit encore haut dans le ciel pour dispenser sa chaleur à tout va. Une légère brise soufflait, mais rien de bien désagréable vu qu’il n’était pas un maniaque de la coiffure et se fichait bien que ses cheveux noirs mi-longs soient totalement emmêlés et en pétard sous son action.
L’adolescent sortit de sa poche quelques feuilles à rouler et ce qu’il fallait pour y mettre dedans. Longtemps qu’il ne s’était pas fumé une clope, et aujourd’hui ne ferait pas exception puisqu’il avait d’autres choses autrement plus intéressantes à rouler. Le temps qu’il sorte son briquet, il s’alluma son joint nouvellement confectionné et se laissa aller en arrière, s’allongeant dans l’herbe pour perdre son regard dans le ciel, ses yeux violets mi-clos. C’était de la bonne, et il n’avait pas besoin d’être devin pour savoir que d’ici quelques instants, il serait sans aucun doute complètement défoncé. Le vent alla emporter la fumée odorante, et lui ne prit pas conscience qu’il n’était plus seul puisqu’un autre jeune homme venait d’élire domicile sur un banc à quelques mètres seulement de lui. Vu l’heure, il était sans doute tout comme lui un partisan de l’école buissonnière mais pour l’instant il semblait bien qu’aucun des deux n’avait conscience de la présence de l’autre.

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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Mer 3 Mar - 1:58

    Soit l’ennui était un poison mortel à action lente affectant son système nerveux, soit l’incident du Bell’s Sugar lui avait drainé la moitié de son espérance de vie. Bref, Isaac Leenhart se sentait désagréablement engourdi, comme s’il s’était tenu la tête trop longtemps, bien que son don ne fasse pas effet sur lui. Alors qu’il était assis sur ce banc, il devait des fois se rappeler, que c’était bien lui assis sur le banc et non une pathétique doublure. Avec un soupire, le jeune homme s’affala sur le dossier du banc, levant les yeux vers le ciel qui avait été clément pour la température. Tant qu’à faire, un petit miracle, ça ne lui aurait pas coûté grand-chose de plus non? Ce n’était pas tant l’impression d’être désintéressé de tout qui le purgeait, mais bien de devoir cette morosité à autre qu’à lui-même. De savoir que les autres, bien que pointant des lames vers sa gorge, puissent l’atteindre à ce point dans son for intérieur et sa motivation le déprimait encore plus. Peut être n’était-ce pas pour lui montrer la valeur du travail que son père l’avait envoyé dans cet oasis de platitude, peut être était-ce pour lui prouver à quel point il n’était pas prêt pour le monde salaud et vicieux de la finance, lui qui se croyait fin renard. Il soupira derechef, ayant l’impression qu’on repassait sur le « GAMIN » dans son front avec du surligneur fluo.

    Il lâcha le ciel des yeux, remettant les pieds sur terre et une petite gifle sur sa joue. Il devait se reprendre. Il ne valait pas mieux que les figurants de son histoire s’il continuait ainsi. C’est en rabaissant la tête qu’il se rendit compte qu’il n’était plus seul dans cette parcelle du parc. Isaac cligna des yeux, mais trouva rapidement ridicule l’idée qu’il s’agisse d’une hallucination, il n’était pas si ennuyé que ça. Surprenant qu’il ne l’ait pas vu alors, depuis quand était-il là? S’il était trop pris dans ses pensées au point de ne pas apercevoir un quidam assis dans L’herbe, il était temps qu’il fasse quelque chose de sa tête et de son corps.

    N’ayant rien de mieux à faire, il l’observa alors que l’autre semblait être concentré sur une tâche. Se déplaçant un peu sur son banc pour changer de point de vue, il pu apercevoir à quoi l’inconnu était occupé. Un sourire un point envieux naquit sur son visage. Le sacré veinard qui roulait alors… Le festival du soupir reprit de plus belle alors qu’il voyait le gars se laisser tomber dans l’herbe. Il aurait pu être content que le reste de la Terre ne s’ennuie pas autant que lui, mais cet altruisme n’était pas vraiment son genre. Il essaya de se concentrer sur autre chose du paysage pour faire taire cette envie.

    C’aurait été une bonne idée pourtant, sortir un peu de sa tête pour un moment, se détendre. Ce gars dans l’herbe avait l’air bien paisible en tout cas. Le jeune homme aux cheveux noirs remua sur son banc, changeant de position sans raison, comme pour trouver un nouveau point où encrer ses yeux. Mais rien à faire, le seul point de repère dans cet environnement et surtout très vide était ce gars couché dans l’herbe. C’était ce qui lui fallait un peu de distraction, encore quelque chose qu’on lui avait servi sans qu’il ait à remuer le petit doigt. Le hic était qu’on lui avait remis cette solution dans les mains de quelqu’un d’autre. L’idée d’aller lui demander s’il pouvait participer lui semblait un peu humiliante, comme s’il quêtait ce gars qu’il ne connaissait pas. Ce n’était pas de l’ordre de la gêne, le jeune bourgeois étant rarement affligé de ce sentiment en public, il s’agissait encore de cet orgueil qui, blessé ne tolérait guère plus d’affronts.

    Pour finalement se convaincre de décoller son derrière du banc réchauffé et de faire quelque chose pour se remettre en jeu, Isaac dut se promettre qu’il n’allait pas quêter à ce gars pour régler son problème de démotivation, simplement passer le temps. Voilà, il ne s’agissait que d’un passe-temps, et peut être refuserait-il? Le jeune homme se leva finalement de son banc qui avait fait son temps et se dirigea d’un pas plutôt lent vers le jeune homme couché au sol. Un rapide examen de sa personne lui permis de se faire un courte première impression de lui, plutôt floue vu la situation. Il ne paraissait pas louche, pas très propre, mais pas louche, surtout s’il traînait dans les parages de l’Académie. Affichant un sourire avenant cadrant peu avec son humeur, mais toujours idéal pour créer des liens, il s’arrêta pour être dans le champ de vision de ses yeux mi-clos. La dernière étape était de trouver quelque chose d’intelligent à dire, pour ne pas avoir l’air de quelqu’un qui en avait réellement besoin. Il lui demanda ce qui lui paru le plus nonchalant et en contrôle sans entrer dans le sujet de sa venue:

    -Alors, la vie est belle vue d’ici?

    [Ça me va, no problemo, par contre moi, c'est un peu sans queue ni tête xD.]


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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Jeu 4 Mar - 19:20

Le paysage commençait déjà à adopter une gueule un peu plus bizarre que d’habitude, à la fois vaguement flou et un peu trop net. Sensation pour le moins étrange quand on y était pas habitué, mais pour lui ça ne lui causait qu’un petit dépaysement passager : C’est qu’on se faisait vite à ce genre de chose… Peut-être un peu trop, même. C’était tout le problème lorsqu’on fumait quelque chose d’un peu plus fort que de la simple nicotine : La dépendance venait vite supplanter le simple plaisir qu’on prenait à fumer. Enfin n’exagérons pas non plus, il n’était pas dépendant à ces petites herbes de bonheur… Accro – un peu – peut-être, mais sans plus. Quoique s’il continuait sur cette voie là, ça n’allait pas tarder à suivre… M’enfin, passons. S’il ne comptait pas finir son année sans un sou, à rôder dans des ruelles sombres pour trouver de quoi se satisfaire, il saurait bien s’arrêter à temps. L’effet papillon était certes particulièrement expéditif, mais pour l’instant Lewis n’était qu’un jeune homme dans la fleur de l’âge en train de se fumer un pet, complètement avachi dans la pelouse de l’Académie d’Anthalys. Rien de plus.

14h15.
Soupir. Le temps pouvait passer très vite, quand il le voulait. Parfois, il lui arrivait de se demander ce qu’il pouvait bien foutre à la Seiryoku no Gakuen. Après tout, pour ce qu’il y allait vraiment… Il pouvait tout à fait abandonner complètement ses études et se contenter d’apprendre ce qu’il désirait dans ses chers bouquins, non ? Bon c’est sûr, il n’aurait aucun diplôme et serait donc sans doute légèrement embêté par la suite – juste légèrement, alors – mais bon. C’était à lui de choisir aussi s’il choisissait le chemin de la facilité, soit étudier sagement – ou presque – et ressortir de là avec de la matière à montrer à ses peut-être futurs employeurs, ou bien tout foutre en l’air maintenant et advienne que pourra ! Il fallait avouer que c’était tentant, non ? Il y avait cependant comme un gros bémol, une ombre sur son tableau : Il n’aurait plus de chambre où aller quand il se ferait chier ou voudrait dormir, plus de bouffe gratuite… C’était tout de même légèrement emmerdant, ça. Pas qu’il n’avait pas un rond en poche, mais en fait c’était tout à fait ça. Et il n’avait pas non plus de papa-maman à aller voir quand il avait besoin d’un peu de thune ou d’un toit pour dormir.

« Alors, la vie est belle vue d’ici ? »
Prit par surprise, manquant de s’étouffer avec la fumée, Lewis sursauta et rouvrit les paupières qu’il avait totalement fermé sans même s’en rendre compte tandis qu’il se perdait dans ses pensées. S’il y avait une voix, il devait bien y avoir une personne pour l’accompagner, non ? En tout cas, il n’avait absolument pas entendu l’inconnu s’approcher de lui, totalement à l’ouest comme il était.
Un petit peu déphasé, il se redressa à demi, s’appuyant sur ses coudes, et finit par apercevoir le jeune qui se tenait juste en face de lui. L’air jeune, un petit peu plus que lui en tout cas, il devait sans doute être étudiant tout comme lui ici. Sinon, il foutrait quoi là dans le parc ? Quoiqu’ après mûre réflexion, il n’avait pas davantage quelque chose à foutre ici à cette heure en étant étudiant… A moins de sécher les cours, tout comme lui d’ailleurs. Ce qui devait sans doute être la bonne réflexion, puisque sa tête ne lui était pas totalement étrangère. Comme il semblait avoir plus ou moins son âge, l’adolescent avait déjà dû le croiser un jour qu’il était allé dans un cours sans dormir, parce que si ça arrivait ! Rarement, je vous l’accorde, mais ça on était pas obligé de mettre l’accent dessus hein ?

« Belle est un bien grand mot. Disons simplement qu’elle est… différente. » Finit-il par répondre après avoir soumit son vis-à-vis à un petit examen rapide mais minutieux de sa personne. Un mince sourire étira ses lèvres tandis qu’il croisait son regard, puis il tira une nouvelle latte et expira un nuage de fumée qui rendit flou l’autre jeune homme pendant un court instant à ses yeux.

La politesse aurait sans doute exigée de lui qu’après ces brèves paroles, Lewis présente au moins son prénom à celui qui était venu l’aborder, mais la flemme était plus forte et puisque le silence lui convenait tout autant qu’une présentation basique et pas forcément utile. Autant attendre que l’autre prenne les devants, et si lui non plus ne daignait pas se présenter le premier quelle importance après tout ? On ne mourait pas de ne pas connaître l’identité de son interlocuteur, n’est-ce pas ?
N’ayant rien de plus à ajouter, et ne faisant pas partie de cette population qui se plaisait à parler pour ne rien dire, Lewis se contenta d’observer le silence sans détacher ses iris violets des yeux de son compagnon du moment. Puis il se laissa à nouveau tomber dans l’herbe après avoir tiré une nouvelle fois sur son joint, pas perturbé par un sou par le fait que l’autre puisse deviner à son odeur – et à sa simple forme, pour les habitués – qu’il fumait tout autre chose qu’une clope, ce qui bien entendu était largement prohibé par le règlement de l’Académie. Cela dit, pour quelqu’un qui comme lui tournait ostensiblement le dos aux cours, ça ne devait pas vraiment le déranger, n’est-ce pas ? On ne pouvait prétendre se la jouer bon samaritain et aller fleurir sur les pelouses dès le beau temps arrivé à la place d’étudier…

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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Ven 5 Mar - 15:33

    Isaac sursauta en même temps que l’inconnu étendu par terre, ne s’attendant pas à une telle réaction. De toute évidence, il était dans sa bulle quelques secondes auparavant. Un sourire en coin s’étira sur son visage alors qu’il regardait l’autre se relever à demi, qui ne semblait franchement pas s’être attendu à ce que quelqu’un lui adresse la parole en de telles circonstances. Les yeux ouverts, le jeune homme semblait un peu plus vieux que lui, mais il ne se rappelait pas de l’avoir croisé un jour. Le jeune bourgeois avait une mémoire très sélective des visages et des noms, il n’encombrait pas inutilement sa mémoire avec des souvenirs futiles de gens à qui il n’adresserait probablement jamais la parole. Il lui répondit finalement avec beaucoup de bon sens. Pour faire paraître cette académie comme un endroit merveilleux, il fallait prendre bien plus que de l’herbe. Mais différente, c’était déjà mieux que la réalité de ce moment. Alors qu’un fin sourire faisait son apparition sur le visage de son interlocuteur, le sien disparut, alors qu’un nuage de fumée les sépara un instant.

    L’autre finit par retourner à sa position allongée qu’il avait abandonnée lorsqu’il avait été sauvagement surpris par la tentative de conversation du jeune Leenhart. Le jeune homme en question était peu content de l’effet de son salut déguisé. Ce genre de subtilité n’était jamais bien efficace, autant dire les choses comme elles l’étaient, enfin, presque. Il n’avait pas l’intention par des chemins tortueux et polis comme il avait habitude de le faire. Il savait reconnaître une situation demandant du décorum. Et quêter de l’herbe en séchant les cours de plein gré ne n’en faisait pas partie. Dans un sens, il aurait du se sentir délivré de ses manières cérémoniales, mais il avait l’impression de ne plus bénéficier d’un canevas clair dans lequel il excellait et qui le mettait indubitablement en valeur. Dans la conversation normale, il s’avançait sur un terrain public où tout le monde pouvait mettre le pied, lui donnant l’impression d’entrer dans une piscine publique et tout ce qu’il y avait de dégoûtant de cela.

    Après cet instant de réflexion, il décida d’opter pour l’approche directe, ce gars était visiblement déjà un peu toasté, normalement, il ne devrait pas le prendre mal. De toute façon, le pire qui pouvait arriver était qu’il refuse. Même si cela signifiait qu’il n’aurait pas ce qu’il voulait, ce n’était pas la fin du monde. N’ayant pas l’intention de rester debout bêtement, il décida de contourner le bonhomme pour s’asseoir dans l’herbe à côté. L’air plutôt sérieux, un peu trop pour le contexte, il décida de démontrer son aisance en ne passant pas par quatre chemin ni en utilisant de figures vides sur le temps qu’il fait.

    -Bon, écoute, personne n’a envie de parler inutilement. D’ailleurs, en temps normal, je ne t’adresserais sûrement pas la parole.

    Il arrêta un moment, question de trouver la meilleure manière d’exprimer son propos, meilleure que « Hey! Toi le jeune, passe-moi ton joint pour me faire passer l’envie d’arracher la tapisserie de ma chambre médiocre dans cette académie qui me fout une déprime monstre ». Parce qu’on s’entend tous, cela sonnait légèrement décalé. Et s’il y avait quelque chose qui lui restait même ici, c’était sa santé mentale, malgré tout. Posant ses yeux bleus sur le joint fumant entre les doigts de l’autre jeune homme, il commença :

    -Mais ce que tu as dans les mains pourrait être une des seules choses qui m’empêcherait de mourir d’ennui dans ce trou.

    Finalement, ça ressemblait un peu à l’idée qu’il avait eu au départ, mais disons, moins imagée. Il n’y avait pas grand politesse dans ce qu’il venait de dire non plus, mais l’idée d’avoir l’air de supplier venait entacher une fois de plus son orgueil. Mais d’avoir l’impression de se faire donner ainsi des ordres par un inconnu qui ne semblait pas avoir envie de rigoler devait être quelque peu désagréable. Après un soupir, il se força pour avoir un peu de manières avec un sourire un peu plus avenant :

    -S’il-te-plaît.

    [étrange et court je dois l’avouer.]


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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Sam 6 Mar - 0:33

Si la parole est d’argent, le silence est d’Or.

La compagnie de l’inconnu qui était venu s’installer à ses côtés était tout sauf dérangeante, étant donné qu’il ne s’embarrassait pas de bavassements inutiles comme le faisaient certains, quand ça leur chantait. C’était d’ailleurs un truc que Lewis ne comprenait pas : parler pour ne rien dire. A quoi bon, hein ? Parfois, mieux valait se taire que sortir imbécillités sur imbécillités. Ce qui ne l’empêchait pas pour autant de s’interroger quand à la venue de l’autre vers lui, puisqu’ils ne se connaissaient absolument pas et qu’il n’avait pas l’air de vouloir entamer une conversation à bâtons rompus avec lui. Sans doute avait-il une idée bien précise derrière la tête, mais le cerveau du brun commençait à s’embrumer un peu trop pour qu’il ait même l’envie d’esquisser une réflexion à ce sujet. Autant attendre que l’autre lui avoue le but de sa venue. En attendant, la prairie – enfin, le grand carré d’herbe soigneusement coupée à ras – était à tout le monde et tant qu’il n’empiétait pas dans son espace personnel il n’allait pas non plus lui demander de dégager d’ici et de retourner moisir sur son banc à dix pas d’ici.
Son interlocuteur le contourna pour venir s’asseoir près de lui ;

« Bon écoute, personne n’a envie de parler inutilement. – +1 pour toi mon cher – D’ailleurs, en tant normal, je ne t’adresserais sûrement pas la parole. »
Ça, c’était dit. Une bonne chose de faite. Et le reste qui se précisait : l’étudiant avait donc tapé dans le vrai en pressentant qu’il n’était pas venu le tirer de son repos semi comateux juste pour le regarder fumer sans rien dire. Attendant donc qu’il précise ce pour quoi il daignait lui adresser la parole, il replia un bras sous sa nuque pour s’installer un peu plus confortablement sur ton matelas herbeux 100% naturel, continuant de tirer sur son joint sans s’embarrasser d’une quelconque question du genre : « Ah bon ? Et qu’est-ce qui t’amène ici ? » etc. etc. Il était assez visible de toute façon que son vis-à-vis n’allait pas tarder à reprendre la parole.

« Mais ce que tu as dans les mains pourrait être une des seules choses qui pourrait m’empêcher de mourir d’ennui dans ce trou. »
Bah voilà, on y était ! Au moins, on pouvait dire que l’inconnu n’y allait pas par quatre chemins. Toujours silencieux, il l’observa un moment sans mot dire. Refuser ? La pensée qu’il pouvait dire non et se garder ses petites herbes de rêve pour lui ne lui traversa même pas l’espace d’une seconde sa tête : Il n’était pas ce genre de type, à garder égoïstement ses affaires pour lui sans en faire profiter les autres. A défaut d’avoir des amis, il n’était complètement misanthrope et asocial pour autant, fallait pas exagérer, quoi ! Cela dit, son vis-à-vis aurait pu faire montre d’un tout petit peu de politesse à son potentiel fournisseur… ça coûtait rien, sinon deux, trois mots de plus. Mots qu’il ajouta d’ailleurs après quelques instants, mais son pseudo sourire avenant semblait si faux, et le soupir juste avant était tellement équivoque que Lewis ne put empêcher un éclat de rire discret de s’échapper de sa gorge tandis qu’il vrillait à nouveau ses prunelles violettes à celles de l’autre adolescent. Un demi sourire aux lèvres, il haussa la voix à son tour, une note amusée se glissant dans l’arrière plan de ses paroles :

« Je pourrais presque me sentir rassuré de n’être pas le seul à crever d’ennui dans ce trou, si je ne m’en foutais pas royalement… »

Il se tut un instant, tira encore une fois avant de tendre son précieux bien à celui qui le lui avait si poliment demandé – ironie, quand tu nous tiens… – puis croisa les deux mains derrière sa nuque.

« C’est de la bonne, elle monte vite. » Ajouta-t-il après quelque temps, simplement en guise de prévention à l’égard de l’autre jeune homme.
N’attendant pas de réponse de sa part – que pouvait-il bien y répondre de toute façon hein ? Ses paroles n’engageaient en rien une conversation entre les deux jeunes gens –, il se décida enfin à le quitter du regard pour fermer à nouveau les paupières et se laisser tranquillement porter par les sensations qui envahissaient peu à peu son corps, lui abandonnant sans regret – pour l’instant du moins – ses clefs pour une évasion passagère du monde et de ses emmerdantes réalités. Le fait de se faire taxer de la sorte par un parfait inconnu ne le dérangeait pas le moins du monde, tant qu’il faisait tourner son joint et ne se le finissait pas à lui tout seul. Y avait tout de même des limites à sa générosité, il n’était pas distributeur universel – et gratuit – d’herbe non plus.

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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Jeu 11 Mar - 23:52

    Sa mère n’aurait pas été fière de ses manières, elle ne l’avait jamais été d’ailleurs. Habituée à voir tout le mépris derrière ses attitudes posées, elle n’avait jamais été très fière d’avoir laissé un enfant à la tête aussi enflée sortir. Mais il n’avait vraiment pas envie de s’en faire avec ça, il n’allait pas se faner et mourir s’il omettait un « s’il-vous-plaît ». Dans un tel état d’ennui désespéré et de mauvaise humeur, il avait décidé de ne pas s’affliger d’un travail de plus. Ennuyé et paresseux, quelle paire fantastique. Bizarrement, son désespoir de devoir passer son temps à l’académie fit rire l’autre jeune homme. Ah oui, défoncé, une chance pour lui. Ça devait être de la bonne pour qu’il trouve cette situation pitoyable drôle. Peut être était-ce son essai d’avoir l’air affable qui le faisait bien rire. Il se sentait soudainement comme un aristo en culottes courtes. Bon, il devait se calmer, ne pas interpréter ses réactions pour les prendre personnel. Surtout que celui-ci après son court instant de rire, lui tendit volontiers le joint. Le prenant entre ses doigts, il haussa les sourcils quand même surpris.

    Sa surprise fit place à un certain contentement en entendant que c’était de la bonne. Heureusement, il ne fumait pas n’importe quoi, lui. Avec les trucs coupés avec un peu n’importe quoi qu’on retrouvait pas cher dans les ruelles sombres, il s’était habitué à de la qualité, bien qu’il n’en ai jamais fait une habitude. Il avait beau besoin de se détendre de temps en temps, il restait un fils de bonne famille, alors Isaac Leenhart savait très bien ce qui l’attendrait s’il exagérait de ce côté. Pas qu’il soit réellement une exception dans la jeune bourgeoisie, mais tout le monde devait un minimum de subtilité.

    Sans un mot de plus, il amena le joint à ses lèvres, en tirant une bouffée suffisante, selon lui à ce qu’il puisse lui rendre après sans faire d’histoire. Il était opportuniste, mais pas voleur, tout de même. Laissant la fumée à l’odeur âcre qu’il n’avait jamais réellement appréciée à l’intérieur, il la laissa ressortir avec un soupir las, fermant les yeux un instant. Il repassa l’objet de son intervention au gars dans l’herbe qui devait pas mal s’en foutre. Il le dérangeait encore, alors qu’il était de nouveau yeux fermés dans l’herbe. Tant pis pour lui, s’il ne daignait pas répondre, il garderait le pétard pour lui. Il accompagna son geste d’une autre politesse, mais qui cette fois était un peu plus sentie :

    -Merci.

    Il leva un genou pour y appuyer son bras et puis son menton. Il n’avait jamais aimé se coucher par terre, il avait toujours l’impression de se ramasser des bébêtes dans les cheveux même à ce temps de l’année. Esquissant un demi-sourire, il s’excusa également :

    -Désolé pour l’état d’urgence.

    Puis retourna son regard vers le droit devant. Il avait dit ne pas être féru de parler pour ne rien dire, ce qui était peut être un peu faux. Il avait toujours une raison de dire quelque chose, bien que ce n’était pas tout le monde qui comprenait. Il devait donc, sous toute logique, en rester là dans le verbillage. Il ferma les yeux encore, essayant de faire taire ce stupide hamster sur les stéroïdes qu’il avait dans la tête, de toute évidence, ça lui prenait un peu de fumée pour le faire tomber dans les pommes quelques minutes, laissant le temps à son cerveau de ne pas penser. Ça ne pouvait pas être aussi rapide, peut être était-ce lui qui était en train de se convaincre qu’il était déjà défoncé. Arg, ce hamster qui ne récidivait. Il rouvrit les yeux, espérant s’occuper avec la vue, plutôt ordinaire, le temps que ça vienne tout seul. Il n’aimait pas se coucher dans l’herbe, la nature le laissait plutôt froid, il en voulait en particulier aux rongeurs qui vivaient dans les têtes, ce paysage ne lui disait rien. Cette longue liste le fit sourire, non mais, il n’avait jamais réalisé à quel point il était un type génial! Vraiment.

    [woot j'ai rep, c'est court, mais c'est pas mauvais! \o/ À mon tour de ne pas te laisser trop trop d'ouverture. Pardon xD.]


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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Lun 15 Mar - 17:22

Pourquoi avait-il eut l’air surpris tandis que Lewis, sans faire d’histoire, lui tendait son joint ? S’attendait-il à ce que l’étudiant le lui refuse, ou bien le regarde tout simplement de travers parce qu’il ne lui avait adressé son « s’il te plaît » que du bout des lèvres ? Enfin, quoi qu’il en soit, tout cela était bien peu important, et cette question par ailleurs tout à fait bénigne ne fut que de passage dans sa tête déjà vaporeuse avant d’échapper définitivement à son subconscient. Ce n’était pas le genre de problème qui nécessitait ne serait-ce que quelques secondes d’attentions de sa part… Le brun s’était donc laissé retomber dans l’herbe après que son vis-à-vis se fut emparé du pet, retrouvant là la position qu’il avait adopté avant qu’il ne vienne le déranger quelques minutes auparavant.
Les yeux fermés, il avait une très nette perception de l’autre adolescent à ses côtés, mais pour ce qu’il s’agissait du reste il se trouvait dans un véritable flou gaussien, ne percevant les bruits divers tels que le bruit du vent soufflant à travers les feuilles ou le simple chant des oiseaux qu’à travers une sorte de brouillard étouffant. Son odorat de même que son ouïe semblaient sombrer progressivement en mode « stand by » tandis que, rétrospectivement, son odorat se trouvait exacerbé de même que sa vue, il le savait malgré le fait que ses paupières soient résolument closes.

« Merci. »
Mmh ? C’était à lui qu’était destinée cette simple apostrophe, non ? Sûrement, vu qu’il était seul. Enfin, non, pas seul, il y avait au moins une autre personne à côté de lui, celle qui avait parlé. Mais à moins qu’elle – il, en l’occurrence – ne se remercie toute seule, c’était à lui que ce simple mot était adressé. Pourquoi d’ailleurs, déjà ? Erf, son cerveau semblait s’être mit lui aussi en veille, le salaud… l’abandonner de la sorte alors qu’il tentait une réflexion plus ou moins – plutôt plus que moins – poussée, c’était pas très sympa de sa part. Cela dit, peut-être agissait-il de la sorte pour lui signifier que tout ça non plus n’avait pas d’importance, eeh ? Ouai, ça devait être ça…

« Désolé pour l’état d’urgence. »
Encore cette voix ? Elle ne voulait pas se taire à la fin, et le laisser s’enfoncer tranquillement dans sa petite léthargie bien tranquille ?
Lewis entrouvrit brièvement un œil, puis les deux, et c’est en considérant l’autre type qui le surplombait que les évènements récents lui revinrent abruptement à l’esprit. Son joint, l’étudiant qui le lui avait demandé, bref tout ça quoi… Il leva paresseusement un bras pour se saisir de son précieux bien et tira une nouvelle taffe dessus, toujours en position allongée. Qu’avait-dit l’autre, déjà ? Ah oui, il s’excusait pour une raison quelconque. S’il avait été debout ou même juste assis, Lewis aurait sûrement haussé les épaules d’un air tout à fait nonchalant en guise de réponse, du genre « ça n’a aucune importance donc on s’en fiche » mais là il n’était pas vraiment en position de faire un tel geste.

« De quoi tu parles ? »
L’interrogea-t-il après quelques instants de silence, d’un ton qui aurait presque pu paraître intéressé s’il n’avait pas été rendu aussi traînant par l’effet que lui procuraient ses herbes de plaisir. Il restait assez de conscience à l’étudiant pour se savoir plus qu’à moitié défoncé, alors que le joint –certes assez conséquent – n’avait qu’à peine diminué de sa moitié. Il le savait et s’en foutait, de même qu’il se foutait que l’autre trouve cela risible, que d’être quasiment rendu si vite. Et puis pour sa gouverne, il n’avait pas mangé depuis la veille au petit matin… Et quant à la dernière fois qu’il avait prit un repas vraiment conséquent… Non, là ça remontait à vraiment trop loin en arrière. D’ailleurs sa minceur extrême – le terme de maigreur serait presque plus approprié dans son cas – le montrait assez bien… Du moins, quand il se départissait de ses habituels habits amples. Enfin bref, tout cela est bien beau mais guère intéressant, une fois de plus. Revenons donc à nos moutons. Il avait faim – un peu – bien qu’il ne sache pas vraiment pourquoi ce sujet lui tenait tant à cœur, tout d’un coup. Une bonne brioche sortant du four, là maintenant tout de suite. Ou alors, une simple chocolatine servirait amplement à son bonheur. Ou bien un space cake. Ouai, ça c’était une bonne idée. Sans doute la meilleure des trois. Quel toxico il pouvait faire quand même, des fois… Un sourire un peu niais vint apparaître aux coins de ses lèvres. Lui, toxico ? Si peu… Il aimait juste les bonnes choses, voilà tout… Et en l’occurrence, ce space cake lui paraissait définitivement LE truc bon par excellence. Il s’aperçut assez soudainement avait gardé les yeux ouverts et son regard rivé sur l’autre adolescent tandis qu’il divaguait sur ses envies de bouffes. Son vis-à-vis allait peut-être finir par se demander pourquoi l’autre souriait assez bêtement alors que ça faisait une bonne minute que ses iris n’avaient pas décroché de lui. Ou peut-être pas en fait, il semblait ailleurs lui aussi tout bien considéré… Et en plus il n’avait même pas daigné répondre à sa question. Question dont il avait vaguement oublié sur quoi elle portait, se rappelant simplement qu’il lui en avait posé une quelques instants auparavant. Putain de weed…

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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Mar 16 Mar - 18:16

    Le joint qu’il avait au bout de son bras tendu vers l’autre qui n’avait pas semblé donner signe d’activité cérébrale quitta finalement sa main alors qu’il l’avait d’abord quitté des yeux, regardant un devant qui n’avait guère plus de choses à lui montrer. Cet endroit était tellement quelconque. Rien à voir avec les quartiers pauvres qui le rendaient tout simplement heureux de son confort. Mais ici, il ne ‘agissait que d’un entre deux minable qui lui faisait regretter tout, même ses meubles. Cette promiscuité forcée et quotidienne avec la populace le rendait irritable. De voir ces gens si ordinaires et sans but, c’était du gaspillage de temps et d’argent que de les instruire. D’être classé à leur niveau, quelle insulte. Il y avait aussi la question de la chambre, pour l’instant il n’avait pas de colocataire, mais ça allait venir. Peu importe quel quidam allait ronger son espace personnel, il n’avait aucune idée de comment il allait cohabiter avec cet envahisseur potentiel.

    Sa tirade mentale, qui ne lui fit aucun bien, autant défoulante qu’elle aurait pu paraitre, fut interrompu par une courte réplique provenant de sa droite. Il tourna la tête, ah oui, il était encore là lui c’est vrai. Son ton de voix exprimant bien à quel point il était gelé comme une balle le fit sourire à moitié, c’était vraiment de la bonne dites-donc? Il dut revenir en arrière quelque peu, son cerveau à lui encore en état d’effectuer ce genre de prouesses, pour comprendre le sens de sa question. De quoi, de quoi parlait-il? La dernière chose qu’il avait dit, c’était sûrement ses excuses. Il avait du mal à comprendre pourquoi ce gars voulait savoir ce qu’il voulait dire par là. Il n’y avait rien de plus à dire par là, c’était juste ça… Il n’avait pas habitude d’avoir à demander ce genre de choses aux inconnus, c’est peut être plus à lui-même qu’il s’excusait de s’obliger à faire de telles choses. Bon il y avait certainement beaucoup de gens qui avaient fait bien pire pour se trouver du weed, mais lui n’était pas rendu à ce point et en demander c’était déjà beaucoup pour lui. Bon allez focus, qu’est-ce qu’il lui répondait? En reposant son regard sur l’autre adolescent qui lui avait posé cette question si courte, mais qui lui posait problème, il se rendit compte avec un certain malaise qu’il le fixait avec un air étrange. Bon, il avait une très bonne raison d’expliquer ce comportement, cette raison fumant entre les doigts du jeune homme, mais tout de même. D’avoir ces deux billes mauves braqués sur lui, lui fit jeter un regard en arrière, pour y trouver quelqu’un d’autre, un animal, une roche, un truc qui expliquerait ce regard fixe et ce petit sourire. Ah et puis pourquoi se le demander, il allait sûrement oublier dans quelques secondes. Lui-même ne savait pas trop pourquoi il s’était excusé… Lui qui voulait faire un doigt d’honneur aux bonnes manières le temps de se fumer un bat, son fond d’aristo en culottes courtes reenait au galop, pas croyable. Les heures passées avec des tuteurs à se faire laver le cerveau à ne pas mettre ses coudes sur la table avaient porté fruits, malheureusement.

    Il était temps d’embuer tout ça, de faire disparaître ce genre d’idées dans un nuage de fumée piquante. Surtout qu’à bien y penser, il n’avait plus jamais remis un coude sur une table sans y penser. Le gars avait l’air assez toasté, toasté raide en fait, pour qu’il puisse lui réemprunter son bien sans qu’il fasse trop d’histoires. Paix, harmonie et partage quand ça faisait son affaire. D’ailleurs celui-ci n’avait pas tant diminué de longueur qu’il ne l’aurait cru. Dépliant sa jambe sur laquelle il s’était appuyé, il s’étira pour aller cueillir une fois de plus le joint dans la main paresseuse de l’autre étudiant, pas de s’il-vous plaît ni de merci, quel rebelle. En revenant à son emplacement initial, il lança un :

    -Allez, oublie.

    Même si ça devait être déjà fait depuis bien des minutes, pourquoi avait-il besoin toujours de parler? La peur du silence? Ce silence omniprésent dans le parc, cette espèce d’incarnation du vide, de l’ennui probablement. Le jeune homme pris note de penser à de la musique, n’importe quoi pour remplir sa tête, ou la vider, plutôt que d’ouvrir encore la bouche. Il se prit une nouvelle bouffée, plutôt généreuse, laissant la fumée ressortir par elle-même, lentement, passant une main dans les mèches de cheveux tombant sur son front, comme après une longue journée de travail, bien qu’il n’en ai jamais eu. Encore le paysage ne venait pas lui porter secours, il le dégoûtait autant que le reste, propre mais sans fioritures, à quoi lui faisait-il penser déjà? Oh et puis la ferme avec ce parc, qu’est-ce qu’il avait toujours à revenir à ce parc, à part d’être assis dedans? Si son raisonnement logique pouvait se la fermer aussi. C’est alors que ça lui vint, à quoi le paysage lui faisait penser, tant qu’il devait le dire à haute voix.

    -On a quand même l’impression d’être dans un terrarium pour un projet sur les insectes des primaires ici.

    Tout était tellement faussement aménagé, juste pour donner l’impression d’être confortable. Il avait l’impression d’être dans cette boîte de plastique qu’on utilise pour rendre les fourmis suicidaires, tapissée avec du fond de préparation à gruau. Beurk.

    [et Vlan! dans les dents, j'ai vaincu \o/]


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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Ven 19 Mar - 11:28

Lewis ne s’était jamais rendu compte à quel point la prairie de ce parc pouvait être confortable… Un vrai matelas, sisi ! Il avait l’impression de s’y enfoncer de plus en plus au fur et à mesure qu’il se laissait aller. Ses yeux s’étaient à nouveau fermés tous seuls, ses paupières étaient lourdes… si lourdes. Et pourtant, il n’avait aucune envie de dormir. Non, juste rester là et écouter ce qui se passait autour de lui, plongé dans des réflexions qui allaient en dérivant, de plus en plus sans queue ni tête et sans liaison entre elles. Dans cet état, sa vue ne lui servait à rien sinon compter les quelques rarissimes nuages qui peuplaient le ciel azuré au dessus de sa tête. On tripait dessus un moment, puis l’on oubliait. Et l’autre gars avait beau être loin d’être désagréable à regarder, c’était pas pour autant une raison pour qu’il passe son temps à le mater ouvertement, n’ayant rien d’autre à faire de toute façon. Et voilà qu’il s’égarait une fois de plus, tssk… Il sentit vaguement qu’on lui retirait son bédo d’entre sa main et ses doigts inertes ne firent rien pour interrompre cet emprunt, totalement amorphe qu’il était. Qu’il se fasse plaisir, l’autre là. C’était fait pour ça après tout ce pet, non ? Il cessa d’y penser, jusqu’à entendre de nouveau sa voix résonner dans le silence ambiant.

« Allez, oublie. »
Mettant plus ou moins trente ans à percuter les paroles de l’adolescent, il se questionna un moment sur leur sens avant de se rendre comte que… qu’il avait oublié ce pourquoi l’autre lui demandait d’oublier. C’était embêtant, tout de même, non ? Quoi, que… Après tout pas tant que ça en fait vu que c’était ce qu’il lui avait demandé de faire. Ouai mais quand même, ça le tracassait de plus arriver à se souvenir de ce qu’il avait à oublier. Enfin, tant pis. Ce qui était fait était fait, arrêtons donc d’y penser. C’était pas bien dur de faire ça, de toute façon. Puis il avait bon nombre de sujet qui avaient matière à réflexion lui trottant dans la tête en ce moment précis. Même si pour l’instant il préférait leur foutre la paix et les laisser trotter comme bon leur semblait, ne s’embarrassant pas de pensées inutiles.
Le jeune brun avait un putain de mal de bide, il s’en rendit compte d’un coup alors qu’il s’était totalement déconnecté de la réalité, se contentant de l’herbe sous lui et de la fumée du pet qui lui chatouillait les narines comme sensations tangibles qui lui permettaient de ne pas totalement perdre pied. Mais vous savez, un de ses maux de bide qui vous tord les boyaux quand on a pas mangé depuis si longtemps que l’estomac n’est plus en état de gargouiller pour rappeler son humble présence à son propriétaire. Bah lui c’était pareil. Il eut une soudaine envie de gerber mais n’avait rien à rejeter de toute façon. Et puis pourquoi tout revenait-il toujours à la bouffe, de toute façon hein ? A croire qu’il n’avait que ça à la tête : vivre pour manger et non manger pour vivre. Déglutissant péniblement, Lewis posa l’une de ses mains sur son ventre affamé, comme si ce simple contact pourrait l’apaiser et lui faire oublier qu’il crevait la dalle. L’autre alla se perdre devant ses yeux clos, les masquant au soleil qui arrivait quand même à l’agresser de ses rayons malgré qu’il eut les paupières fermées, le vil. Comment pouvait-on se sentir à la fois totalement bien et nauséeux ? Encore un grand mystère de l’humanité auquel il faudrait que quelqu’un se consacre, un jour… A moins que la réponse fusse simplement qu’il valait mieux pour lui d’arrêter de trop forcer sur la fumette. Ça pouvait être une explication plausible, mine de rien. Ouai enfin cela dit il préférait tout de même cette théorie de grand mystère de l’humanité. C’était tout de même beaucoup plus classe, ne trouvez-vous pas ?

« On a quand même l’impression d’être dans un terrarium pour un projet sur les insectes des primaires, ici. »
Ah oui, il était encore là, lui. Mais qu’est ce qu’il avait à parler comme ça, interrompant les quelques rares pensées auxquelles il s’était finalement laissé aller, hein ? Et puis qu’est ce qu’il lui parlait d’insectes, de terrarium, de tout ça quoi ? Enfin après mûre réflexion, peut-être que s’il remettait les mots dans le bon ordre il comprendrait mieux, nan ? Il s’y consacra donc avec application l’espace de quelques instants – une minute, pas plus promis ! – avant de finalement comprendre le sens de ses paroles. Ah, ça devait être un brin ironique d’ailleurs… Même s’il comprenait pas trop pourquoi son vis-à-vis lui déblatérait tout ça d’un coup. Quoiqu’après tout, ça faisait quand même un petit moment qu’il comprenait plus grand-chose donc un peu plus ou un peu moins, hein… Cela dit, l’autre n’avait pas entièrement tort en disant ça. Pour un peu Lewis aurait pu imaginer les grandes baies vitrés encerclant l’Académie, les empêchant de sortir tout en les exposants aux yeux curieux d’on ne sait trop qui comme des bêtes de foire toutes regroupées ici à cause de leurs pouvoirs particuliers. Mais l’étudiant avait une vision des choses un petit peu différente de celle de son interlocuteur.

« Je pensais plutôt à un troupeau de moutons de Panurge, tous plus cons les uns que les autres… »

L’un parlait de l’aménagement de leur milieu de vie, et l’autre des gens qui le peuplait. Ils n’étaient pas tout à fait sur la même longueur d’ondes. La faute à ce petit truc plus ou moins cylindrique qu’ils se faisaient tourner. D’ailleurs, puisqu’on en parlait… Lewis rouvrit les yeux et se redressa légèrement, s’appuyant sur un coude. La soudaine vivacité des couleurs du paysage qui l’entourait lui sauta aux yeux, l’agressant à demi. Il commit cependant l’exploit de ne pas s’en formaliser et de récupérer son pet d’entre les doigts de son compagnon de glandage d’une main qui ne tremblait pas.
Restant dans cette position semi redressée, il tira une nouvelle taffe et se perdit un instant dans la contemplation des mini volutes de fumées qu’il venait de rejeter, avant qu’une mince brise ne les emporte au loin.

« Un troupeau de moutons dans un terrarium géant. »

Il avait parlé à mi-voix, comme s’il se faisait la remarque plus à lui-même qu’adressée à son partenaire, bien qu’il l’aurait sûrement entendu, au vu du bruit quasi inexistant des alentours. Elle était belle, l’image de la Seiryoku no Gakuen…

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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Jeu 25 Mar - 22:17

    C’était une chance qu’il ne lui avait demandé que d’oublier, ça il sentait l’inconnu en être capable. Mais s’il lui avait dit un truc du genre « Allez, explique-moi la physique quantique. » ou « Allez, fais le tour de l’école en monocycle. » ou encore pire « Allez, essaie de toucher le bout de tes index les yeux fermés. » pas sûr qu’on aurait eu droit à un résultat aussi concluant. Il était bien dommage qu’il n’ait pas été dans ses habitudes de demander de telles choses à des inconnus couchés dans l’herbe, il aurait pu bien rigoler, une prochaine fois peut être dans une salle près de chez vous, n’oubliez pas d’acheter du pop-corn. Il lui avait repris le pétard, c’était le résultat escompté de cette opération-éclair non?

    Il ne put dire si c’était l’herbe, l’ennui, une certaine partie de sa personnalité qui avait décidé de faire une one-man show, ou toutes ses réponses, meilleure chance la prochaine fois, qui l’avait lancé dans cette réflexion sur le vide, les fourmis, les enfants auxquels il manque des dents qui venaient coller leur petites faces sur le terrarium, question de freaker les fourmis pour de bon. Il n’avait jamais été très doué dans ce genre de choses. L’idée, comme investit de vie, de sa propre mission de faire connaître son opinion à la terre entière, le gars à côté, sortit dans L’air, lui empruntant sa voix un instant. Avec de la chance l’autre ne lui répondrait pas.

    De toute façon, pourquoi les fourmis dans un terrarium, quel genre d’activité ennuyantes c’étaient de regarder ces bébêtes laides qui se marchent dessus, fallait bien être un enfant pour arriver à trouver l’idée amusante. Il pouvait dès lors imaginer les reflets du plastique de verre sale du terrarium ou un immense bâton venu du ciel pour le poker sans cesse avec un rire gars d’un gosse débile. Malgré cette idée de terrarium, Isaac ne s’était jamais senti comme un animal de foire, car un animal de foire avait quelque choser à montrer lui. Ces pouvoirs spéciaux que beaucoup possédaient, il les avait toujours considérés comme un artifice pittoresque qui ne pouvait pas servir autant que le travail ou l’argent. Mais son habilité particulière, même aussi limitée et inutile que la sienne, lui avait sauvé la vie une fois, donc, il n’y avait plus rien à penser sur le sujet.

    Il redressa un peu la tête en entendant son « interlocuteur » parler à nouveau, tiens ça faisait longtemps dites-donc. Et pour dire une phrase presque complète? Enfin, plus que 3 mots. Son idée le fit sourire, des moutons de Panurge, elle était bonne. Surtout en imaginant tous ces moutons en uniforme en train de brouter dans cette cafétéria nulle à en pleurer. Ouais, ils étaient une belle bande de moutons, mais pas lui. Soudain, le joint diminuant lentement mais sûrement quitta sa main. Sûrement pris par l’autre à moins que cette sorte d’herbe fût pourvue d’une conscience propre, ce qui n’aurait pas été pratique. Bon, là il devait avouer qu’il se sentait un peu… Comment dire? Comme ça, ouais. Sa main posée sur le sol pour se redresser était en contact depuis un bout de temps avec l’herbe à la fois sèche et grasse du parc. Non, il n’aimait pas l’herbe. Pas depuis qu’on lui avait montré en faire un sifflet en en plaçant un brin entre ses deux paumes et qu’il n’avait jamais réussi à produire un traitre son, ce foutu gazon s’était bien payé sa tête. Mais l’heure de la vengeance avait sonné. Du bout des doigts, il en arracha un brin, l’amenant devant lui. Mais il fut interrompu dans ses grands projets par une conclusion de leurs réflexions intenses.

    Des moutons dans un terrarium. Là, il ne put s’empêcher de rire. Bien sûr, pas aux éclats en se tapant les cuisses, en se roulant par terre jusqu’à s’en péter les côtes. Un court rire silencieux, alors qu’il imaginait toutes ces bébêtes bêlantes fonçant sans relâche sur les vitres du terrarium sans comprendre, tellement qu’on devait décoller ces grosses boules de laine à la spatule. On n’aurait pas pu mieux décrire la situation. Il resta en silence dans son approbation, il n’avait rien à ajouter qui pourraient juste tarir la jolie conclusion à laquelle ils étaient venus, presque par télépathie non mais. Réalisant dans un court instant de lucidité, car son esprit n’était pas du genre à déraciner facilement, un vrai petit roseau de la fable, il se rendit compte qu’il était en train de penser n’importe quoi. Plutôt cool. Comme admiratif il reconnut :

    -J’suis pas expert, mais pour monter vite, elle monte vite.

    Cette école, le troupeau de mouton à l’intérieur, il était vrai que ça donnait une envie de méchoui dans le terrarium. Et hop la brochette de mouton écrasés dans la vitre, ça débarrasserait de quelques gaspilleurs d’espace étant réservé aux méritants.
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MessageSujet: Re: Novocaine for the Soul [Lewis] Mar 6 Avr - 6:03

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Il riait ? Le son paraissait étrange, en total désaccord avec la monotonie du paysage les entourant, mais peut-être était-ce parce qu’il ne s’y attendait pas. Sans doute que sa dernière réflexion, assez concluante, avait visé juste. Son regard se leva une nouvelle fois vers le visage de l’inconnu, qu’il détailla brièvement avant de remarquer ce qui devait être – du moins, y ressemblait fort – un brin d’herbe que ses mains s’apprêtaient visiblement à porter à sa bouche avant qu’il ne les interrompe dans cette action lorsqu’il avait prit la parole, tout à l’heure ? Il s’apprêtait à bouffer de l’herbe ou quoi ? La beuh lui était-elle déjà monté à ce point à la tête, pour qu’il se prenne pour l’un de ces stupides moutons évoqués précédemment et se mette à son tour à tondre le gazon ? La réflexion sur le bout des lèvres, Lewis observa cependant le silence, le comblant en tirant à nouveau une longue taffe sur son joint, autant en profiter tant que c’était encore lui qui le tenait entre ses doigts. Oh, et puis pourquoi faire tout un pataclan de ce que l’autre allait peut-être bouffer un misérable brin d’herbe, hein ? Après tout, c’étaient bien ce que les deux adolescents étaient présentement en train de fumer, la différence entre ces deux actes n’était pas à ce point importante tout bien réfléchi… D’autant plus que si ça se trouve il venait d’élaborer tout un ensemble de pensées autour d’un truc qui n’aurait jamais lieu, qui n’avait peut-être même jamais eut l’intention d’avoir eu lieu à un moment ou à un autre. Et oui, notre cher jeune homme était totalement à côté de la plaque, et le simple fait qu’il commence à s’en douter était, en soi, un grand exploit. Comme quoi, on arrête pas le progrès, qu’on dit…

« J’suis pas expert, mais pour monter vite, elle monte vite. »
Ah, c’était encore l’autre brun qui se permettait d’interrompre le flot – tarissant, entre nous soit dit – de ses pensées en prenant la parole dans un grand moment de silence. Son interlocuteur acquiesça doucement tandis qu’il parlait, alors que son visage se fendait d’un mince sourire satisfait, un brin ironique même. T’avais cru quoi, que je fumais un truc de merde peut-être ? Très peu pour moi, j’en prends que de celle qui fait triper vite, et bien. Encore des pensées qu’il se garderait pour lui, ne voyant pas là l’utilité de les exprimer à voix plus haute que celle de son fort intérieur. Qu’est-ce qu’il pouvait bien en avoir à foutre de ce qu’il pouvait lui dire de toute façon, hein ? C’était pas comme s’ils se connaissaient, encore moins comme s’ils étaient amis de longue date alors dans ces circonstances là, les réflexions débiles et/ou sans intérêt, on pouvait bien se les garder pour soi, bien au chaud dans sa petite caboche.
Son ventre se mit soudain à gargouiller dans l’absence quasi-totale des bruits ambiants, disgracieux son qui amena à peine un léger voile rosé – aussi vite apparu aussi vite disparu – sur les pommettes de l’intéressé. Pour un peu, il aurait presque pu en avoir honte s’il n’était pas à ce point défoncé. C’est vrai quoi, passer pour un morfale affamé, ou simplement avoir l’air d’un clodo mal nourri alors même qu’on résidait et qu’on bouffait à la plus prestigieuse école d’Anthalys, ça le faisait pas trop, non ?
Lewis posa une main sur son ventre, paume contre le tissu léger de ses vêtements, et appuya brièvement du bout des doigts comme si ce contact pressant pouvait suffire à faire taire l’appétit féroce qui se manifestait impudemment par ces grognement tout à fait mal placés. Bordel, c’qu’il avait la dalle… Et ça n’allait pas en s’arrangeant, malheureusement. Les herbes qu’il fumait avaient beau l’emmener assez loin au pays de l’imagination délirante, elles n’en remplissaient pas pour autant son monstre d’estomac, à son grand dam d’ailleurs. On était pas à la cours des miracles, mais cela dit c’était pas une grosse nouveauté ça.
La pensée, aussi brève qu’idiote lui traversa fugitivement les pensées comme quoi il existait peut-être à la Seiryoku no Gakuen un étudiant capable de synthétiser de la bouffe sur demande. L’idée était en soi amusante, mais sans doute que l’Empire ne devait pas considérer ce don comme étant très important sinon potentiellement dangereux, à moins de réussir à tuer quelqu’un en l’étouffant à coup de petits fours dans la gueule. Aah, quel gâchis que d’achever une existence de cette façon là, mine de rien. Un gâchis d’ordre d’autant plus interplanétaire que la faim lui dévorait les entrailles… Plus ça allait, plus ça empirait, et plus ça empirait plus il y pensait. Et cætera, en un beau cercle vicieux dont il n’avait pour l’instant pas la force mentale de se tirer. Et puis cette idée de space cake déjà brièvement évoquée tout à l’heure revint s’insinuer insidieusement dans son esprit, à un tel point qu’il pouvait presque en sentir l’odeur. Hallucination olfactive ? Non, pur fruit de son imagination affamée. La beuh était certes d’excellente qualité, mais c’était pas des champis non plus, arrêtez un peu de rêver là.

« Tu sais faire un space cake ? Les mots lui étaient sortis de la bouche avant même qu’il eut réalisé qu’il s’était remit à parler, comme s’il fallait absolument qu’il exprime à voix haute une partie de ses pensées vagabondes pour qu’elles cessent enfin de tourner en une danse endiablée autour de son esprit vaporeux. T’en a déjà fait ? T’as de quoi en faire ? Tu aimerais en fa… » Il s’interrompit brusquement dans un de ces éclairs de lucidités qui arrivent soudainement et repartent tout aussi soudainement, les vils. Comme si son vis-à-vis-dont-il-ne-connaissait-même-pas-le-nom-et-qui-au-vu-de-sa-gueule-était-pourtant-sans-doute-dans-la-même-classe-que-lui – pfiouu quel surnom à rallonge mes amis – pouvait bien en avoir quelque chose à faire, de la fixette sur ce gâteau aux ingrédients plus ou moins légaux auquel il ne cessait de penser depuis tout à l’heure. Jeunesse décadente, tssk j’vous jure. A se demander si un jour il serait récupérable ou si pour lui c’était définitivement foutu.

« Mh. Oublie c’que je viens de dire, ça vaut mieux. »

Une dernière chance encore de sauver sa dignité, de ne pas passer pour un toxico fini : Que son interlocuteur n’ait pas la moindre idée de ce dont il venait de parler à l’instant. Il ne semblait pas bien bavard, alors avec un peu de chance il ne l’interrogerait pas plus en avant sur le sujet. Parce que son esprit avait beau divaguer complet – il lui avait définitivement abandonné la bride sur le cou depuis un bail –, il restait étrangement clair en ce qui concernait certaines choses. Il aurait parfaitement été capable de lui faire tout un exposé sur la recette d’un space cake réussi, pour peu que l’autre arrive à comprendre sa voix pâteuse et les mots qui s’emmêlaient avant de daigner sortir d’entre ses lèvres.
Il tira une nouvelle fois sur le joint, exhala avec plaisir la fumée. Hopopop, on oublie tout ça, on prend les mêmes et on recommence.

On était pas bien ici, après tout ?

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Novocaine for the Soul [Lewis]

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